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Bénin : le scandale ICC-Services éclabousse Yayi Boni

 
Thomas Yayi Boni, ancien banquier, a été élu le 19 mars 2006, en emportant 75 % des suffrages.
Le chef de l'Etat du Bénin, Yayi Boni, avait basé son programme électoral sur la restauration des valeurs républicaines et la lutte contre la corruption Photo : USAID photo.

Un groupe de 50 des 83 députés béninois ont demandé vendredi 30 juillet la mise en accusation du président Boni Yayi devant la Haute Cour de justice pour « forfaiture et parjure » dans l’affaire des sociétés illégales de placement d’argent, plus connue sous le nom d’ICC-Services ou d’affaire « Madoff à la béninoise ».

Huit mois avant l’élection présidentielle durant laquelle Boni Yayi remettra son mandat en jeu, il est aujourd’hui personnellement éclaboussé par le scandale financier qui secoue le Bénin depuis un mois.

En effet, une cinquantaine des 83 députés béninois ont, par une lettre adressée au président du Parlement, demandé que le président béninois soit traduit devant la Haute cour de justice pour forfaiture et parjure.

L'AFP rapporte que, selon les députés, issus de l’opposition et d’une dissidence de la mouvance présidentielle :

« Le président Yayi Boni a favorisé les activités de ICC-Services, notamment en s’affichant partout dans le pays et de manière ostentatoire avec les responsables et en rendant visite par deux fois au président directeur général de ICC-Services à domicile, qui a financé à la présidence de la République les activités politiques des partis et organisations de la mouvance présidentielle. Pour toutes ces raisons, nous demandons au président du Parlement béninois, conformément aux dispositions constitutionnelles en vigueur au Bénin, d’engager les poursuites à l’encontre de l’actuel chef de l’État béninois pour forfaiture et parjure. »

Rappelons que le scandale avait éclaté début juillet, lorsque le président avait limogé son ministre de l'Intérieur Armand Zinzindohoué le 7 juillet.

Quelques semaines plus tard, à la fin du mois de juillet, un député, Janvier Yahouédéou, faisait déjà peser quelques soupçons sur le chef de l’État.

Radio France internationale privée d'émission

Signe de nervosité à la tête de l'État, le signal de Radio France internationale (RFI) a été coupé durant 14h dans la nuit de mardi à mercredi. La radio avait couvert le jour même les accusations portées par les députés à l’encontre du président.

De même, la correspondante locale de RFI, Raïssa Gbédji, a été auditionnée pendant 2 heures par la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (HAAC), rapporte l’AFP.

La journaliste a livré son témoignage : « Le président de la HAAC Théophile Nata m'a reçue en présence de son directeur de cabinet pour m'exprimer le fait que RFI a traité, selon lui, un peu trop abondamment l'information selon laquelle 50 parlementaires ont demandé, le week-end écoulé, la mise en accusation du président de la république, gâchant du coup les festivités du cinquantenaire du Bénin ».

 


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