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Les agences de la BCEAO installées sur le territoire de la Côte d'Ivoire sont fermées jusqu'à nouvel ordre, annonce un communiqué du 28 janvier émanant de l’institution financière. Une décision pour contrer la réquisition de ces mêmes agences par Laurent Gbagbo.
Jean-Baptiste Compaoré gouverneur par intérim de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a signé un communiqué précisant que : « suite à diverses informations concordantes, portées à notre connaissance, de nature à mettre en danger les agents et les installations de la Banque centrale, j'ai décidé de la fermeture, jusqu'à nouvel ordre, de toutes les Agences de la BCEAO installées sur le territoire de la République de Côte d'Ivoire ».
Cette décision est une réplique à la réquisition des agences de la BCEAO, lancée par le président sortant, Laurent Gbagbo, et son gouvernement. Ce dernier, non reconnu par l’Union économique et monétaire de l’Afrique de l’Ouest (Uemoa) a entamé un bras de fer avec la Banque centrale de l’organisation (BCEAO), afin de garder la main sur les finances publiques.
« À la date du 25 janvier 2011, le ministre de l'Économie et des finances du gouvernement sortant m'a informé de la réquisition des locaux de la Direction nationale et des Agences de la BCEAO en Côte d'Ivoire, ainsi que du personnel ivoirien qui y est en activité (…) J'ai vigoureusement protesté contre une telle mesure qui ne peut s'appliquer à une institution internationale comme la nôtre », souligne J-B. Compaoré. Il a tenu aussi à rassurer le personnel : « Les dispositions seront prises en vue de permettre à notre Institution de continuer à prendre en charge ses obligations d'employeur à votre égard pendant cette période de congé que je vous demande de respecter. »
Mais rien n’est réglé. « La situation est grave », a déclaré le président en exercice du Conseil des ministres de la BCEAO et ministre bissau-guinéen des Finances, José Mario Vaz, dans son discours d'ouverture d'un Conseil des ministres extraordinaire de la BCEAO à Dakar, le 1er février. La BCEAO à Abidjan « ne répond plus aux injonctions et aux instructions du siège » de Dakar depuis qu'elle a été occupée par des partisans de Laurent Gbagbo le 26 janvier, a-t-il précisé.
Retour sur les derniers épisodes
L. Gbagbo n’étant pas considéré comme le président élu par les pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine, les chefs de gouvernement de l’Union avaient fait savoir le 23 décembre dernier que seuls les représentants du gouvernement d’Alassane Ouattara disposaient du pouvoir de signature sur ces comptes. Mais cette mesure n’avait pas été effective : des décaissements au profit du camp de L. Gbagbo ont été encore enregistrés pendant un mois pour un montant d’au moins FCFA 85 milliards (€ 130 millions), estimait Alassane Ouattara interviewé par Libération. Le gouverneur de la banque centrale régionale Philippe-Henry Dacoury-Tabley, un partisan de Laurent Gbagbo, accusé de ne pas coopérer avec Alassane Ouattara, a finalement « été » démissionné le 22 janvier et remplacer par Jean-Baptiste Compaoré, gouverneur par intérim.