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Le Burundi a signé le traité sur le partage des eaux du Nil

 

La signature du Burundi le 1er mars porte à six le nombre de pays signataires de l'accord sur le partage des eaux du Nil, soit le minimum prévu par le traité pour son entrée en vigueur. Les Parlements des six pays signataires peuvent désormais ratifier le traité, malgré le désaccord de l'Égypte et du Soudan.

La probable future ratification de ce traité aura des conséquences immédiates puisqu'elle supprimera de facto le droit de veto historique de l'Égypte sur l'utilisation des eaux du fleuve.

En mai 2010, après une décennie d'âpres discussions, quatre États du bassin du Nil - Ouganda, Rwanda, Tanzanie, Éthiopie -, rejoints peu après par le Kenya, avaient signé ce texte autorisant les pays en amont du fleuve à développer des projets d'irrigation et des barrages hydroélectriques sans être tenus d'obtenir l'accord préalable du Caire. L'Érythrée et le Sud-Soudan ont été autorisés à suivre les négociations sur le nouveau partage des eaux mais n'ont pas le statut de partie au traité.

Le traité de 1929 bientôt caduc

Le traité de 2010 remettait en cause un autre traité remontant à 1929 (amendé en 1959), signé entre le Caire et la Grande-Bretagne, puissance coloniale de l'époque, accordant la part du lion à l'Égypte et au Soudan. Les textes de 1929 et 1959 attribuent des quotas très favorables à l'Égypte (55,5 milliards de m3) et au Soudan (18,5 mds de m3), soit au total 87 % du débit du fleuve.

Les pays membres de l'Initiative du bassin du Nil ont écarté l'idée de rouvrir des négociations mais l'organisation avait prévu en janvier un sommet extraordinaire pour aplanir les divergences. Cette réunion a été reportée en raison du soulèvement populaire en Égypte et pourrait avoir lieu à Nairobi prochainement, selon le porte-parole de l'organisation installée en Ouganda, Daniel Meboya, cité par l'AFP.

L'Égypte, 80 millions d'habitants, tire du Nil environ 90 % de son eau. Le pays prévoit que, même en conservant les accords actuels, le fleuve ne suffira plus à ses besoins à partir de 2017.

Le Nil, fleuve de 6 700 km de long, est alimenté par le Nil Blanc qui prend sa source au Lac Victoria en Afrique de l'Est et le Nil Bleu qui trouve son origine sur les haut plateaux éthiopiens.

(avec AFP)


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