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La Côte d’Ivoire au chevet de son agriculture avec FCFA 896 milliards

 
L'indice de pauvreté est de 62,5% en milieu rural contre 29,4% en milieu urbain.
Le programme d'investissement agricole donne cette fois la priorité à l'agriculture vivrière. Photo : empowering the poor

La Côte d’Ivoire veut relever le défi d’une agriculture vivrière compétitive et rémunératrice en 2015 grâce au Programme national d’investissement agricole (PNIA), dont les besoins financiers sont estimés à FCFA 896 milliards.

Abidjan a accueilli les 26 et 27 juillet derniers, les assises de l’agriculture de Côte d’Ivoire afin de trouver les moyens de relancer son secteur agricole. L’addition se chiffre à FCFA 896 milliards (€ 1,36 milliard). C’est la somme nécessaire à la réalisation du Programme national d’investissement agricole (PNIA) pour la période 2010-2015, soit € 272 millions par an. Les représentants du secteur agro-sylvo-pastoral, des ONG, des bailleurs de fonds et des organismes de recherche convaincus, ont pris l’engagement d’accompagner la Côte d’Ivoire dans ce défi. Un accord de partenariat a été conclu sous la tutelle de Paul Antoine Bohoun Bouabré, ministre du Plan et du développement, à l’issue des 2 jours de débats, qui officialise l’accord de principe conclu sur le financement du PNIA. L’appel du Premier ministre Guillaume Soro, pour qui « il est évident que sans ressource suffisante, le PNIA restera lettre morte », a été entendu.

Réduire la pauvreté en milieu rural

L’enjeu est majeur. Il s’agit de faire bondir à 14,8 % le taux de croissance de l’agriculture à l’horizon 2015 et de remplir ainsi l’Objectif du millénaire pour le développement visant à réduire la pauvreté de moitié par rapport à son niveau de 1990.

Or, l’agriculture ivoirienne va mal. Ce secteur est pourtant le moteur traditionnel de l’économie du pays grâce à une filière cacao qui conserve sa première place mondiale en termes de production. Depuis une décennie, l’agriculture multiplie les contre-performances jusqu’à enregistrer son plus faible taux de croissance (1,86 %) entre 2000 et 2007, après 4,7 % entre 1997 et 1999. Les raisons en sont multiples et structurelles. Outre la crise économique récente et le conflit militaro-politique dans lequel s’est embourbé le pays, c’est principalement l’incapacité de ce secteur à répondre aux besoins alimentaires de la population, notamment rurale, qui est en cause. L’indice de pauvreté en milieu rural atteint 62,5 % en 2008 contre 48,9 % en moyenne dans le pays, or il n’était que de 42 % en 2003.

Abidjan trouve un soutien multilatéral

Le Premier ministre, Guillaume Soro, affiche clairement la volonté du gouvernement « de mettre l’accent sur la production vivrière insuffisamment soutenue au cours des dernières années ». Le PNIA vise selon le ministre de l’Agriculture, Coulibaly Mamadou Songafowa, à rendre « l’agriculture ivoirienne plus compétitive et plus rémunératrice pour les producteurs tout en assurant la sécurité alimentaire ».

Face à ce challenge, la Côte d’Ivoire sait bien qu’elle ne pourra pas réussir seule. Elle a trouvé deux soutiens de poids : la Cedeao et sa Politique agricole commune, et l’Union Africaine avec son Programme de développement de l’agriculture africaine, dont le PNIA est la déclinaison nationale. La Cedeao estime « qu’il est important qu’un budget conséquent soit alloué au secteur agricole » étant donnée « la place de l’agriculture ivoirienne dans la communauté : 11 % du produit agricole régionale  », d'après son représentant Bamba Galadio.


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