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AGRI & AGROALIMENTAIRE | |
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La Côte d’Ivoire veut relever le défi d’une agriculture vivrière compétitive et rémunératrice en 2015 grâce au Programme national d’investissement agricole (PNIA), dont les besoins financiers sont estimés à FCFA 896 milliards.
Abidjan a accueilli les 26 et 27 juillet derniers, les assises de l’agriculture de Côte d’Ivoire afin de trouver les moyens de relancer son secteur agricole. L’addition se chiffre à FCFA 896 milliards (€ 1,36 milliard). C’est la somme nécessaire à la réalisation du Programme national d’investissement agricole (PNIA) pour la période 2010-2015, soit € 272 millions par an. Les représentants du secteur agro-sylvo-pastoral, des ONG, des bailleurs de fonds et des organismes de recherche convaincus, ont pris l’engagement d’accompagner la Côte d’Ivoire dans ce défi. Un accord de partenariat a été conclu sous la tutelle de Paul Antoine Bohoun Bouabré, ministre du Plan et du développement, à l’issue des 2 jours de débats, qui officialise l’accord de principe conclu sur le financement du PNIA. L’appel du Premier ministre Guillaume Soro, pour qui « il est évident que sans ressource suffisante, le PNIA restera lettre morte », a été entendu.
Réduire la pauvreté en milieu rural
L’enjeu est majeur. Il s’agit de faire bondir à 14,8 % le taux de croissance de l’agriculture à l’horizon 2015 et de remplir ainsi l’Objectif du millénaire pour le développement visant à réduire la pauvreté de moitié par rapport à son niveau de 1990.
Or, l’agriculture ivoirienne va mal. Ce secteur est pourtant le moteur traditionnel de l’économie du pays grâce à une filière cacao qui conserve sa première place mondiale en termes de production. Depuis une décennie, l’agriculture multiplie les contre-performances jusqu’à enregistrer son plus faible taux de croissance (1,86 %) entre 2000 et 2007, après 4,7 % entre 1997 et 1999. Les raisons en sont multiples et structurelles. Outre la crise économique récente et le conflit militaro-politique dans lequel s’est embourbé le pays, c’est principalement l’incapacité de ce secteur à répondre aux besoins alimentaires de la population, notamment rurale, qui est en cause. L’indice de pauvreté en milieu rural atteint 62,5 % en 2008 contre 48,9 % en moyenne dans le pays, or il n’était que de 42 % en 2003.
Abidjan trouve un soutien multilatéral
Le Premier ministre, Guillaume Soro, affiche clairement la volonté du gouvernement « de mettre l’accent sur la production vivrière insuffisamment soutenue au cours des dernières années ». Le PNIA vise selon le ministre de l’Agriculture, Coulibaly Mamadou Songafowa, à rendre « l’agriculture ivoirienne plus compétitive et plus rémunératrice pour les producteurs tout en assurant la sécurité alimentaire ».
Face à ce challenge, la Côte d’Ivoire sait bien qu’elle ne pourra pas réussir seule. Elle a trouvé deux soutiens de poids : la Cedeao et sa Politique agricole commune, et l’Union Africaine avec son Programme de développement de l’agriculture africaine, dont le PNIA est la déclinaison nationale. La Cedeao estime « qu’il est important qu’un budget conséquent soit alloué au secteur agricole » étant donnée « la place de l’agriculture ivoirienne dans la communauté : 11 % du produit agricole régionale », d'après son représentant Bamba Galadio.