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Côte d’Ivoire : investiture de Laurent Gbagbo, président contesté par la communauté internationale

 

La cérémonie d'investiture s'est déroulée à la mi-journée, au lendemain de la déclaration du Conseil constitutionnel ivoirien, qui a désigné Laurent Gbagbo vainqueur du second tour de l’élection présidentielle. Au grand dam de la communauté internationale.

À Abidjan, le protocole d’État a annoncé que le président Laurent Gbagbo s’apprêtait à prêter serment ce samedi 4 décembre 2010 à 12H00 (locales et GMT), rendant du coup caducs les nombreux appels l’invitant à reconnaître le verdict des urnes et à céder le pouvoir à son rival Alassane Ouattara.

L’Onu, mais aussi plusieurs pays comme les États-Unis et la France considèrent que le président élu est Alassane Ouattara. La Commission électorale ivoirienne avait annoncé, le 1er décembre, que ce dernier avait obtenu 54,1 % des voix. Une annonce infirmée par le Conseil constitutionnel quelques heures après.

La position des Nations unies est claire. « Les résultats du second tour de l'élection présidentielle tels qu'annoncés le 2 décembre par la commission électorale ne changent pas, ce qui confirme que le candidat Alassane Ouattara a remporté le scrutin », a déclaré M. Choi, représentant spécial de l’Onu en Côte d’Ivoire. Ce dernier a affirmé que même après vérification des votes contestés par Laurent Gbagbo, Alassane Ouattara avait remporté le scrutin.

Même position, prudente mais ferme, à la tête du FMI : « Je n'ai pas qualité pour prendre parti sur la situation interne de la Côte d'Ivoire. Ce qui est sûr, c'est que la pratique du FMI, c'est que nous travaillons avec les gouvernements reconnus, c'est-à-dire reconnus par l'ONU », a déclaré Dominique Strauss-Kahn en réponse à une question lors d'un débat organisé à Bruxelles par le Réseau des parlementaires sur la Banque mondiale.

Dès les résultats donnés par la Commission électorale, Barack Obama a salué « le nouveau président élu ». L'Union européenne et le président français Nicolas Sarkozy ont appelé le président sortant Laurent Gbagbo à « reconnaître et respecter » ce résultat.

L'Union africaine s'est déclarée le 3 décembre profondément préoccupée par la tournure des événements en Côte d'Ivoire et a souligné qu'il était impératif de respecter la volonté du peuple et le résultat de l'élection présidentielle.

La Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (Cedeao) a également exprimé, ce 4 décembre, sa « déception », « condamné toute tentative d'usurper le pouvoir contre la volonté du peuple ivoirien» et « appelé les parties prenantes à accepter les résultats déclarés par la Commission économique indépendante ». Le président nigérian Goodluck Jonathan invite toutes les parties « à respecter et à faire appliquer totalement le verdict du peuple ivoirien tel qu’annoncé par la Commission électorale ». Il a par ailleurs affirmé que « la Cedeao entend coopérer pleinement avec l’Union africaine et les Nations unies pour s’assurer que la paix prévaudra en Côte d'Ivoire ».

Dans le pays, le chef de l’armée ivoirienne a prêté allégeance à Laurent Gbagbo. En revanche, le Premier ministre ivoirien et ex-chef des rebelles des Forces nouvelles (FN), Guillaume Soro, a estimé que l'annulation de résultats électoraux qui faisaient d'Alassane Ouattara le vainqueur de la présidentielle menaçait la réunification du pays, scindé en deux depuis la guerre civile de 2002-2003. « Le Premier ministre souhaite marquer son désaccord avec l'annulation massive de voix dans le Nord (...). La décision du conseil constitutionnel menace gravement l'idéal de réunification du pays », a-t-il déclaré dans un communiqué. « J'ai décidé d'aller lui (A. Ouattara) rendre la démission de mon gouvernement et ma démission en tant que Premier ministre »,conclut Guillaume Soro.

La position de la France

En déplacement en Inde, le président français a précisé qu'il s'était « entretenu cette nuit (dans la nuit 3 au 4 décembre, Ndlr) longuement au téléphone avec le secrétaire général des Nations unies (Ban Ki-moon), avec le président sortant Laurent Gbagbo et avec le président élu Alassane Ouattara », selon l’agence AP. « J'aurai aujourd'hui un nouvel entretien avec le président Gbagbo, a-t-il précisé. Un président est élu en Côte d'Ivoire. L'ensemble de la communauté internationale et les Nations unies l'ont reconnu. Ce président, c'est Monsieur Alassane Ouattara ».

Selon le Quai d'Orsay, 15 000 Français résident actuellement en Côte d'Ivoire, dont 13 000 à Abidjan. Fin 2004, en pleine crise ivoirienne opposant le pouvoir aux rebelles du nord du pays, quelque 8 000 ressortissants français et étrangers avaient été évacués par les forces françaises, essentiellement par voie aérienne. La France dispose de 950 militaires français encore déployés en Côte d’Ivoire. Tous font partie de la Force Licorne, dont la principale mission est d’appuyer l'Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire (Onuci). Face à la tension qui s’exacerbe, les quelque 10 000 casques bleus déployés dans le pays sont sur le qui-vive.

 


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