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Côte d’Ivoire : l’aide en question

 
La crise politique en Côte d'Ivoire remet en question l'aide
Compte tenu de la situation de crise politique en Côte d'Ivoire, la Banque mondiale et l'AFD s'interrogent sur la poursuite de l'aide. Photo : Sylvie Rantrua

La Banque mondiale et la Banque africaine de développement, inquiètes de la crise politique qui perdure en Côte d’Ivoire, s’interrogent sur la poursuite de l'aide. En jeu, les € 254,7 millions promis par l'UE et plus de $ 740 millions de projets soutenus par la Banque mondiale.

Après le FMI, c’est au tour de la Banque mondiale et de la BAD de prendre position, dans un communiqué commun. Les deux institutions financières se montrent très inquiètes face à la crise ivoirienne qui se prolonge : « Nous partageons donc les graves préoccupations exprimées par l'Organisation des Nations Unies, l'Union africaine, la Commission économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao) et d'autres partenaires internationaux qui ont soutenu les efforts de développement en Côte d'Ivoire ». Elles ont aussi affirmé appuyer « les efforts déployés par l'Union africaine et les partenaires internationaux pour résoudre rapidement et pacifiquement cette crise qui dure depuis beaucoup trop longtemps ».

Elles sont aussi frustrées, « au lendemain des élections tant attendues qui devaient ouvrir la voie à la paix, la stabilité » et s’interrogent sur l'opportunité de continuer à aider la Côte d'Ivoire, face à la crise politique qui agite le pays. Cette situation « fera tomber beaucoup plus d'Ivoiriens dans la pauvreté et causera du tort à la stabilité et la prospérité économique de l'Afrique de l'Ouest », préviennent les deux institutions. « Nous souhaitons continuer à travailler avec le peuple de Côte d'Ivoire dans le combat contre la pauvreté, mais il est difficile de le faire efficacement dans un contexte d'incertitude et de tension qui se prolongent », ont-elles déclaré. « Par conséquent, conformément à notre politique, nous continuerons à surveiller de près les événements et à réévaluer l'utilité et l'efficacité de nos programmes étant donné la dégradation du fonctionnement institutionnel », ont-elles ajouté.

Cette crise, si elle se prolonge, risque fort de reporter sine die l’annulation de la dette attendue pour le premier semestre 2011. Un point de passage obligé pour signer le retour des bailleurs de fonds. La Banque mondiale avait déjà commencé à réfléchir aux programmes à mettre en œuvre pour appuyer la Côte d’Ivoire notamment dans le domaine des infrastructures, de l’agriculture, de l’emploi des jeunes et de la formation mais aussi de l’appui au secteur privé. Autant dire que tous ces projets ont désormais peu de chance de voir le jour à court terme.


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