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Après cinq ans d’attente et de reports successifs, la date de l’élection présidentielle est enfin fixée. Restent des contraintes techniques à maîtriser, notamment la distribution des cartes d'électeur, mais tout le monde semble croire que c’est possible.
Les élections présidentielle et législatives sont enfin programmées : les Ivoiriens se rendront aux urnes le 31 octobre, pour le premier tour de la présidentielle. La normalisation de la situation politique et sécuritaire dépend du bon déroulement de ces consultations électorales. À l’occasion de la mission du Fonds monétaire international, qui s’est déroulée en septembre, Charles Diby Koffi, le ministre de l’Économie, s’est montré optimiste, faisant le point sur les progrès réalisés permettant la tenue effective de l’élection présidentielle, citant l’encasernement en voie d’achèvement des Forces armées des Forces nouvelles, la finalisation du contentieux sur la liste électorale, le lancement de l’unicité de caisse, l’approbation par décret de la liste électorale après validation par l’ensemble des parties et la remise officielle à la Commission électorale indépendante (CEI) de la liste électorale définitive. La liste électorale définitive ivoirienne a été « certifiée » le 24 septembre par l’Organisation des Nations unies (ONU).
Le défi logistique en zones enclavées
Dans la foulée, le Premier ministre Guillaume Soro (Forces nouvelles) a annoncé le 1er octobre que les cartes d’électeurs et d’identité en vue du scrutin présidentiel étaient prêtes à être distribuées. « Je suis d’autant plus content qu’aujourd’hui au moins, nous sommes sûrs que nous pouvons aller en toute tranquillité à l’élection le 31 octobre 2010 », a-t-il déclaré. « Ceci fait près de deux décennies que ce document précieux est au coeur du débat politique de notre pays. Avec ces cartes, nous aurons mis un terme définitif à la question de l’identité », a-t-il ajouté. La question de la nationalité est au coeur de la crise née en 2002 du putsch manqué de l’ex-rébellion des Forces nouvelles (FN), qui a coupé la Côte d’Ivoire en un Sud loyaliste et un Nord tenu par les FN. Sans cesse repoussée depuis la fin du mandat du président Laurent Gbagbo en 2005, la présidentielle est destinée à clore cette crise, ouvrant du même coup la voie au décollage de l’activité économique.
Reste maintenant à distribuer ces cartes d’électeurs et d’identité. « Aujourd’hui, l’un des grands défis est d’avoir une distribution de qualité, une distribution satisfaisante », a reconnu le Premier ministre, responsable du processus. Autant dans les grandes agglomérations, cette distribution ne semble pas poser de problème ; autant dans les campagnes, vu l’état des routes et des pistes, les inquiétudes pointent. L’opération de distribution des pièces électorales était prévue dans la période allant du 1er au 14 octobre. La CEI a invité tous les acteurs à « travailler résolument pour le respect de la tenue de l’élection présidentielle du 31 octobre 2010 ».
De son côté, l’Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire (Onuci) renforce ses moyens, en autorisant fin septembre, un déploiement de 500 casques bleus supplémentaires avant le scrutin présidentiel afin de parvenir à une « conclusion transparente, juste et pacifique du processus électoral » en Côte d’Ivoire. Elle met ainsi en garde les dirigeants ivoiriens contre un éventuel dérapage.
L’Accord de Ouagadougou porte ses fruits
La signature, en 2007, de l’Accord politique de Ougadougou (APO) a ouvert la voie, certes longue, vers un règlement de la crise. Depuis, sous la médiation du président du Burkina Faso, Blaise Compaoré, un long dialogue inter-ivoirien s’est instauré. Loin d’être un fleuve tranquille, ce dialogue a eu le mérite d’aboutir à « l’adoption consensuelle de la liste électorale définitive, la signature du décret autorisant la délivrance de la Carte nationale d’identité aux inscrits et l’établissement par la CEI d’un chronogramme des étapes-clés du processus électoral constituent des acquis substantiels vers la tenue effective du premier tour de l’élection présidentielle le 31 octobre 2010 », a constaté le président du Faso.
Depuis, la disparition de Félix Houphouët-Boigny en 1993, on retrouve toujours les mêmes têtes d’affiche en lice : Laurent Gbagbo (Front populaire ivoirien - FPI), l’ancien opposant élu président en 2002 et toujours à ce poste contre vents et marées ; Henri Konan Bédié, ex-président (Parti démocratique de Côte d’Ivoire - PDCI), et Alassane Dramane Ouattara (Rassemblement des républicains - RDR). Les trois poids lourds de la politique ivoirienne sont en campagne. Dans la nouvelle génération, seul Guillaume Soro a réussi à acquérir une stature politique. Il attend son heure.
Pour les 14 candidats partis en campagne, Jean Kacou Diagou, président du patronat et du groupe Nsia, a un message : « depuis une dizaine d’années, la population ivoirienne a souffert. La crise est essentiellement une crise créée par les politiciens. […] Donc s’ils aiment leur pays comme ils le disent ; la première des choses est d’aller aux élections de manière apaisée, et de faire en sorte que les résultats, quels qu’ils soient, soient acceptés par tous, et que l’on puisse aller de l’avant. Que ce soit Pierre, que ce soit Paul qui soit à la tête de l’État ; que tous se mettent ensemble pour travailler pour le pays, afin de permettre à la population d’avoir enfin un horizon éclairci ».