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Avant-dernière au classement « Doing Business » de la Banque mondiale, la RD Congo lance de grands chantiers pour améliorer le climat des affaires. En premier lieu, l’adhésion à l’Ohada.
Signée par le président Joseph Kabila le 11 février après un parcours semé d’embûches, la loi ratifiant le traité sur l’Ohada symbolise la volonté affichée du gouvernement de métamorphoser le climat des affaires en RD Congo.
Le chantier est immense. Le président de la Fédération des entreprises du Congo, Albert Yuma, a dressé un tableau sombre devant un groupe d’investisseurs français le 8 février à Kinshasa : « En plus de la fiscalité, les tracasseries administratives et policières constituent le lot quotidien des opérateurs économiques. »
Seule la Centrafrique est actuellement moins bien placée au classement « Doing business » de la Banque mondiale. « Pour le cinquantenaire de l’indépendance, il n’est pas envisageable que la RD Congo soit dernière dans quelque classement que ce soit », affirme le ministre du Plan Olivier Kamitatu, chargé de mener à bien une trentaine de réformes avant la date fatidique du 30 juin 2010.
Un premier train de mesures est passé fin 2009, concernant notamment l’immatriculation des sociétés, les permis de construire ou encore l’affichage des textes officiels. Ce dernier point a nécessité la modification d’un décret royal belge de… 1887. En 2010, le gouvernement a promis de s’attaquer en priorité à la multiplication des taxes et de leurs percepteurs plus ou moins agréés, à la rigidité du marché du travail et à l’interdiction de commercer qui frappe les étrangers.
Les milieux d’affaires accueillent les réformes avec un optimisme mêlé d’inquiétude quant à leur application par une armée de fonctionnaires mal payés et souvent corrompus. « Réformer la loi est facile et rapide. Réformer l’administration, c’est du moyen à long terme », estime Poupak Bahamin, avocate pour le cabinet canadien Heenan Blaikie. Parmi ses clients : l’exploitant minier First Quantum, qui vient de lancer une procédure d’arbitrage internationale après avoir été expulsé d’un gisement de cuivre-cobalt.
Thomas Hubert