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Le moratoire envisagé par les autorités américaines suite à la marée noire provoquée par BP dans le golfe du Mexique peut conduire les entreprises pétrolières à redistribuer les cartes, en faveur de l'Afrique.
BP, qui défraie la chronique pour ses exploits environnementaux liés à son exploitation offshore dans le golfe du Mexique, a signé le 19 juillet avec le producteur d’énergie allemand RWE un contrat d’exploitation de gaz offshore en eaux profondes en Égypte. L'investissement total est estimé pour les deux groupes à $ 9 milliards et l’exploitation du gaz devrait commencer fin 2014 sur deux concessions situées au nord d'Alexandrie et en Méditerranée orientale.
Moins de deux jours plus tard, la major britannique, en difficulté financière en raison de son engagement à approvisionner un fonds d’indemnisation des victimes de la marée noire du golfe du Mexique, à hauteur de $ 20 milliards, a cédé une part de ses actifs à la société texane Apache pour $ 7 milliards.
Dans le pack vendu par BP, on retrouve notamment « toutes les activités de production de pétrole et de gaz, les terrains et infrastructures de BP » dans l’ouest du Texas et dans le Nouveau Mexique, ainsi que dans le désert de l’ouest de l’Égypte.
Une aubaine pour Apache, puisque le durcissement de la régulation qui plane sur l’exploitation offshore aux États-Unis devrait provoquer une réallocation des actifs des sociétés pétrolières. Déjà au cœur des convoitises des majors comme des juniors, l’Afrique pourrait particulièrement profiter de cette nouvelle donne.
« Si vous avez un budget d'exploration, et que vous ne pouvez pas forer quelque part, il faut compenser la perte de production en forant de nouveaux puits », indique James Williams, analyste pétrolier pour WTRG Economics, à l’AFP. Même son de cloche pour Gary Flaharty, porte-parole de la société de services au secteur pétrolier Baker Hughes : « Si le moratoire est relativement long, on va voir des actifs quitter le golfe du Mexique et aller au Brésil, ou en Afrique de l'Ouest ».
Le PDG de Maurel et Prom, Jean-François Hénin, qui analysait les conséquences de la marée noire dans les colonnes du quotidien économique français La Tribune, prévoit en effet que « toutes les sociétés petites et moyennes vont être obligées d'abandonner l'exploration et la production offshore profond. Aucune d'entre elles ne sera en effet capable d'affronter les conséquences financières d'éventuels dommages écologiques. Ceci aura d'ailleurs pour effet collatéral un affaiblissement de la capacité de négociation des pays producteurs face à des acteurs plus concentrés et donc plus puissants. »
Quand aux conséquences que cet engouement pourrait avoir sur le développement en Afrique, il se veut optimiste : « Le continent bégaye encore un peu pour prendre son envol. Mais c'est vrai que les États essayent de plus en plus de s'approprier leurs richesses pour les réinvestir dans le pays. »
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