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Face à la prolifération des armes légères en Afrique de l’Ouest, la Cedeao souhaite un encadrement strict. Les effets économiques de la circulation de ces armes appellent une réglementation interétatique pour lutter contre le trafic privé de ces armes légères.
La Cedeao a demandé que le traité sur le commerce des armes (TCA) en préparation aux Nations unies s'attaque à la circulation des armes légères, à l'occasion de la première session du comité préparatoire de la conférence des Nations unies pour le TCA.
Henrietta Didigu, directrice des Affaires humanitaires et sociales de la Cedeao et présidente de la délégation de l'institution sous-régionale à l'Onu, a préconisé que soient pris en compte :
les armes de petit calibre;
les armes légères;
les munitions;
les activités de courtage;
d’import / d’export;
de transit, de transbordement et de transport.
La représentante de la Cedeao a également demandé que le traité sanctionne les livraisons d'armes aux pays violant les droits de l'Homme ou soutenant des conflits, en demandant que des critères du traité prennent en compte l'État destinataire de tout transfert d'armes. Les transactions d'armes dans le secteur privé doivent ainsi, selon elle, être davantages encadrés :
« Le transfert des armes doit demeurer une activité interétatique et leur circulation entre particuliers doit être encadré et autorisé par les gouvernements. »
Cette réunion prolonge celle tenue sur le continent africain du 17 au 19 février 2010 à Ouagadougou au Burkina Faso, au cours de laquelle les représentants des Commissions nationales de lutte contre la prolifération et la circulation illicite des armes légères du Burkina Faso, du Sénégal, du Mali, du Niger et de la Côte d’Ivoire s'étaient réunis pour établir un plan d’action pour le premier semestre 2010.
La prolifération inquiétante des armes légères et de petit calibre en Afrique de l’Ouest est une source de préoccupation majeure. Les guerres civiles au Liberia, Sierra Leone ou en Côte d’Ivoire ont particulièrement favorisé la circulation illégale des armes. On trouve aussi des armes au Sénégal en raison des tensions en Casamance. Conséquence de ces conflits, parallèlement à la circulation interétatique des armes, la circulation des armes entre particuliers s’est développée au cours des dernières années.
En dehors des conflits armés, « la surveillance déficiente et la mauvaise gestion des arsenaux ont provoqué l’augmentation du nombre des armes illégales dans la sous-région » selon un document de l'ONG canadienne Project Ploughshare. Selon cette association, environ 8 millions d’armes circulent illégalement dans la sous-région ouest-africaine, dont près de 1 million au Nigeria. Dans ce pays, « la police reconnaît avoir perdu entre 1996 et 2001, environ 1 554 armes et pièces de munitions », selon le document de Project Ploughshare.
Par ailleurs, des chiffres fournis par les services de sécurité sierra-léonais indiquent que plus de 40 % des armes légères et de petit calibre sont aux mains des civils et plus de 50 % des armes circulant en Afrique seraient utilisés pour du trafic, des vols à mains armées et des actes de terrorisme ou de crime organisé.
Un fléau humain et économique
La prolifération des armes légères a un impact économique. Si l’on en croit Abdoulaye Barro, le secrétaire burkinabè permanent de la Commission nationale de lutte contre la prolifération des armes légères, l’accès à ces armes et la recrudescence de la violence armée « continuent de représenter de graves menaces pour la croissance macro-économique, le développement durable et la réduction de la pauvreté dans la sous-région ».
La région ouest-africaine affronte de nombreux défis sécuritaires, du fait des liens étroits entre le trafic des armes, le trafic de la drogue, le terrorisme, le blanchiment d’argent et le trafic des êtres humains.