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L’Union africaine semble opter pour un partage du pouvoir ou un gouvernement par intérim avant l’organisation de nouvelles élections afin de résoudre la crise post-électorale en Côte d’Ivoire.
Partis à cinq, arrivés à quatre, les présidents africains qui constituent le panel chargé par l’Union africaine de proposer des solutions pour résoudre la crise ivoirienne sont en mission à Abidjan. Les quatre chefs de l'État, Jacob Zuma (Afrique du Sud), Idriss Deby Itno (Tchad), Jikaya Kikwete (Tanzanie) et Mohamed Ould Abdel Aziz (Mauritanie), se sont donc rendu au chevet de la Côte d’Ivoire, laissant derrière eux, le président burkinabè, dont la nomination dans ce panel avait soulevé la colère du clan de Laurent Gbagbo. Finalement pour raison de sécurité, il n’a pas fait partie du voyage.
Le panel de médiateurs, « tente de trouver une solution de compromis, qu'il s'agisse d'un partage de la présidence entre les deux présidents ou bien (...) un gouvernement d'intérim jusqu'à de nouvelles élections », a déclaré le ministre adjoint des Affaires étrangères d’Afrique du Sud, Ibrahim Ibrahim à l’AFP.
D’ici au 28 février, le panel doit présenter à l’UA ses solutions « contraignantes ». Hier, les membres du panel ont rencontré Laurent Gbagbo, au palais présidentiel à Abidjan. Ils se sont entretenus aujourd’hui avec Alassane Ouattara, reconnu président par une grande partie de la communauté internationale dont l'UA. « Votre mission pour nous constitue la mission de la dernière chance », a répété Alassane Ouattara.
De son côté, dans un communiqué, la Communauté des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) a fermement critiqué l’Union africaine, qui a décidé de maintenir la mission du panel des chefs d’État, en dépit de l’absence d’un des leurs, en l’occurrence le président burkinabè Blaise Compaoré. Les "Jeunes Patriotes", mouvement de militants acquis à Laurent Gbagbo, ont menacé d'empêcher l'atterrissage en Côte d'Ivoire de l'avion du président burkinabé, accusé d'avoir pris fait et cause pour Alassane Ouattara. James Victor Gbeho, président de la commission exécutive de l'organisation régionale a également renoncé à se rendre à Abidjan.
Cette mission s’est faite dans un contexte de plus en plus tendu. Au moins sept manifestants réclamant le départ de Laurent Gbagbo ont été tués ce lundi à Abidjan selon Reuters. Le gouvernement d'Alassane Ouattara a lancé un appel à un soulèvement semblable à celui qui a poussé au départ le président égyptien Hosni Moubarak, mais les forces de sécurité ont dispersé les tentatives de rassemblement.