![]() |
ENERGIES | |
| Pétrole |
La Chine va investir $ 23 milliards dans la construction de trois raffineries et d’un complexe pétrochimique au Nigeria.
La Chine, en quête de matières premières et notamment de pétrole, vient de trouver un bon moyen de s’implanter au Nigeria. En construisant un complexe pétrolier et trois raffineries, elle répond ainsi aux besoins exprimés depuis des années par un pays producteur de pétrole - 8ème exportateur mondial - mais qui faute de raffineries opérationnelles est obligé d’importer les produits raffinés et en particulier l’essence.
La compagnie pétrolière nationale du Nigeria (NNPC) a signé le 14 mai avec la China State Construction Engineering Corporation (CSCEC), un accord pour construire trois raffineries et un complexe pétrochimique pour un montant de $ 23 milliards. Le projet sera financé par la la compagnie publique chinoise CSCEC, la China Export & Credit Insurance Corporation et un consortium de banques chinoises.
A travers ce projet, « la NNPC vise à accélérer la construction de nouvelles raffineries pour réduire le flot de produits raffinés importés, dont la valeur actuelle est estimée à $ 10 milliards », a expliqué la compagnie nigériane. Théoriquement, les quatre raffineries du pays pourraient produire environ 445 000 barils par jour, mais seulement 30 % de cette capacité serait effectivement produite.
« C'est un accord dont le Nigeria a besoin pour ne plus dépendre des importations », a indiqué un haut responsable nigérian du pétrole. Avec ces trois nouvelles raffineries, la capacité de production augmentera de 750 000 barils par jour. Le responsable nigérian a aussi précisé qu'en acceptant de construire des raffineries au Nigeria, la Chine se mettait « en bonne position » pour avoir un plus large accès aux gisements pétroliers nigérians. « Ceci est une entente commerciale, mais aussi un échange de bons procédés », a-t-il souligné.
Depuis plusieurs années, le Nigeria essaye en vain d'obtenir une aide étrangère pour construire des raffineries mais les groupes pétroliers américains et européens ne se sont jamais lancés dans ce type d’investissements, qu’ils jugeaient peu rentable.