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ECONOMIE | |
| APD/Coopération |
Face à la montée de la corruption en Ouganda, 12 bailleurs de fonds internationaux réduisent leur soutien financier.
La menace planait. La décision est tombée mardi 10 août : 12 organisations internationales et pays retirent ou retardent leur soutien financier à l’Ouganda. Sur le montant de $ 360 millions (€ 281 millions), 10 % (soit $ 36 millions) ne seront finalement pas versés. Les donateurs estiment que les efforts réalisés par le gouvernement pour combattre la corruption sont insuffisants. Le fléau s’accroît dans le pays plaçant « l’Ouganda dans le groupe des pays où la corruption est considérée comme endémique ». L’affaire du sommet du Commonwealth qui s’est tenu à Kampala en 2007, où la somme de $ 27 millions (€ 21 millions) a été détournée, est pointée. Des « mesures insuffisantes ont été prises par le gouvernement (...) pour récupérer les fonds détournés » et poursuivre les responsables dont le vice-président et un ministre, estime le rapport.
Le rapport souligne de surcroît les plaintes déposées auprès de la Commission nationale des Droits de l’homme pour des arrestations arbitraires, détentions illégales et tortures, notamment au cours des émeutes de septembre 2009. Les préoccupations des bailleurs de fonds touchent ici au processus démocratique : les prochaines élections présidentielles se tiendront en 2011.
De son côté l’Ouganda se dit serein. « Nous ne sommes pas paniqués » indique Syda Bbumba, la ministre des Finances, au journal ougandais The Observer. La réduction de l'aide a été anticipée lors de l’établissement du budget 2010/11. « Cela n'aura pas d'effet majeur ».
Pourtant cette mesure est assortie d’une mise en garde. « Si cette tendance négative se poursuit, elle peut avoir des conséquences graves sur le soutien financier à l’Ouganda », note le rapport. Or les donateurs sont nombreux et parmi les plus importants : rien de moins que les Banque mondiale, Banque africaine de développement, Commission européenne, 8 pays européens membres de l’Union et la Norvège soutiennent cette position. Or, le budget ougandais dépend pour un tiers de l’aide internationale.