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Débats animés sur le rôle des banques dans le financement des PME

 

Le financement des PME reste la question piège à poser aux banques opérant sur le continent africain. Et lors de la conférence de clôture des Africa-France business meetings de Bordeaux les 2 et 3 juin, les débats ont été passionnés sur ce frein à l’entrepreneuriat et au développement des entreprises qu’est l’absence d’instruments financiers efficaces pour intervenir sur ce segment.

De Bordeaux

Les témoignages ont fusé, lors de la conférence animée par notre consœur du Moci Christine Gilguy, sur les problèmes rencontrés par les petites et moyennes entreprises en quête de financements en Afrique. Le problème n’est certes pas nouveau, mais il avait là le mérite d’être discuté entre banquiers, entrepreneurs, et représentants des institutions internationales intervenant en garantie (AFD, Miga…).

« Je voudrais quand même féliciter nos homologues africains, parce que pour accéder à des financements, ils doivent non seulement s’acquitter de taux de 10 %, 15 %, voire 17 %, mais en plus pour emprunter 100, on vous demande une caution de 100. En France aucune entreprise ne s’en sortirait dans ces conditions ! », s’est exclamé Alain Taris, PDG d’Inter Equipement et président du club Entreprises Bordeaux Afrique (CBSOA).

Christophe Joctane-Lawson, président du conseil d’administration d’Ecobank, a tenu à défendre lui-même la profession « Je m’attendais à cette attaque en règle contre les banquiers », annonce-t-il avec le sourire. « Mais je rentre du Cameroun, où j’ai vu une grande entreprise, filiale d’un groupe multinational, emprunter à 6 %. Bien sûr les PME sont dans le haut de la fourchette, car le taux d’intérêt correspond à un niveau de risque. Les PME souffrent de ça. Mais avec un dossier bien ficelé présentant des garanties, ce taux tourne autour de 10 % ». Une affirmation qui n’a pas convaincu l’assemblée, dont l’expérience faisait remonter des taux plutôt à 15, voire 17 %.

Au point qu’Ecobank s’est trouvée une avocate en la personne d’Aude Flogny-Catrisse, chef de division secteur financier et appui au secteur privé de l’Agence française de développement : « Les choses bougent sur le financement des PME en Afrique, et cela en grande partie grâce à la concurrence accrue, à l’arrivée de nouveaux réseaux que je trouve tout à fait salutaire, et dont Ecobank est l’un des représentants. »

Un financement d’activité à 15 %, cela reste très élevé, mais pour certains pays à mettre en regard avec le taux d’inflation, a rappelé un participant venu d’un pays situé hors zone-franc.

Et une exportatrice de café venue de Guinée de conclure cette partie du débat avec une anecdote : « Moi, ça fait plus de dix ans que j’exporte du café. Je n’ai jamais eu de financement, j’ai tout fait en fonds propres. Le problème, c’est que je vends la tonne au prix de la tasse de café à Paris. Qu’on me l’achète au prix de la tonne de goudron, ça m’aidera ».


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