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Desertec suscite l’intérêt de grandes sociétés

 

Le méga-projet de centrales solaires en Afrique et au Moyen-Orient baptisé Desertec devrait accueillir dans le courant de 2010 de nouveaux partenaires français, marocain et tunisien, selon Paul van Son, directeur de la société DII en charge du projet.

Annoncé en 2009, ce projet envisage de créer d'ici 40 ans et pour environ € 400 milliards un vaste réseau d'installations éoliennes et solaires en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, qui fourniront à terme jusqu'à 15 % de la consommation d'électricité de l'Europe. Il rassemble pour le moment 12 sociétés, dont 10 sont allemandes.

Si Paul van Son n’a pas voulu lors d’une conférence de presse dévoiler les noms des sociétés intéressées, la presse allemande évoque le français EDF, l'italien Enel ou encore l'espagnol Red Electrica España et rappelle que la banque allemande Commerzbank a fait part de son intérêt. Selon le quotidien italien La Repubblica, les négociations sur une entrée du groupe Enel dans le consortium en charge du projet seraient « terminées », même si au sein du groupe Enel, on souligne qu’« il n'y a encore rien de concret ».

P. van Son se donne encore trois ans pour définir les grandes lignes de Desertec :

  • - emplacement des installations ;

  • - financement, répartition approximative entre solaire et éolien ;

  • - mettre en route un projet de référence, une sorte de test de faisabilité.

Les discussions sont en cours pour implanter un tel projet de référence au Maroc, a-t-il précisé.

Le soutien financier des gouvernements sera indispensable, a-t-il martelé : « sinon nous ne pourrons pas financer le développement » du projet. En outre, dans un certain nombre de pays qui accueilleront des investissements, le cadre légal doit être aménagé.

Sur le plan technique, il s’agit d’implanter une vingtaine de centrales solaires de 5 GW chacune. L’électricité serait transportée en Europe via des câbles sous-marins en courant continu à haute tension et pourrait fournir 15 % des besoins de l’Europe en énergie. Les technologies nécessaires existent et fonctionnent déjà. En revanche, la construction d’un réseau d’approvisionnement traversant la Méditerranée et s’étendant sur au moins 2 000 km est très coûteuse. Certains voient dans ce méga-projet une certaine forme de colonialisme, déguisé de vert, où les grands groupes et les multinationales exploitent des implantations en Afrique pour alimenter en énergie les pays du Nord. Le soleil du Sahara ne sera pas destiné à éclairer l’Afrique mais à chauffer l’Europe.


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