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La société émiratie Dubaï Port World (DP World), filiale de la holding Dubaï World, va-t-elle être cédée ? Face à un endettement colossal, € 31 milliards, Dubaï World pourrait opter pour la vente des ses plus beaux actifs - dont DP World - pour éponger ses dettes.
Vendu car rentable: c’est ce qui pourrait arriver à Dubaï World Port (DP World), un des tous premiers opérateurs portuaires mondiaux, selon plusieurs journaux du golfe Persique. Mais certains observateurs affirment qu'il ne s'agit que d'une annonce destinée à rassurer les créanciers.
DPW, présent dans 31 pays et sur 50 ports, occupe aujourd’hui la 3e place derrière le singapourien PSA International et le groupe Hutchison Port Holdings.
De plus en plus présent en Afrique depuis le début des années 2000, DPW gère les ports de Djibouti, de Sokhna (Égypte), de Maputo (Mozambique), de Dakar (Sénégal) et de Djen-Djen (Algérie). Initialement créé par la holding Dubaï World pour gérer le port de Dubaï, Dubaï Port a grandi et ses ambitions aussi, avec la reprise des ports de P&O Ports et en remportant de nouvelles concessions portuaires, notamment sur le continent africain.
L’opérateur portuaire, qui a traversé la crise sans encombre avec un chiffre d’affaires en hausse de 10 % au premier semestre 2010 (€ 1,2 milliard) et un profit net de € 168 millions (+17 %), a pourtant du souci à se faire. Filiale à 77 % de Dubaï World, il pourrait être vendu pour éponger la dette de sa maison-mère, selon Reuters. En novembre 2009, cette dernière affichait une dette abyssale de € 31 milliards.
Parmi les solutions envisagées pour éponger la dette, le nouveau comité pourrait choisir de vendre les bijoux de famille, dont DPW, pour un montant global estimé à € 15,3 milliards.« Le groupe parle de céder deux sociétés, Jafza et DP World, qui étaient jusqu'alors présentées comme stratégiques pour le groupe », a indiqué Rami Sidani, responsable des investissements auprès de la société Shroders Middle East, rapporte le Journal de la marine marchande. Cependant, la cession de ces actifs ne se ferait pas dans l'immédiat.
Effet d'annonce, vente groupée ou par appartements ?
En septembre, se voulant rassurant, Dubaï World affirmait avoir obtenu un accord avec 99 % de ses créditeurs pour restructurer sa dette. Certains experts estiment que l'annonce de ces éventuelles ventes a pour seule motivation de rassurer les créanciers. La vente, planifiée pour 2016, serait abandonné si d’ici là, la maison-mère parvient à se remettre à flot. « Dans le pire des scénarios, il conservera la majorité du capital », prédit un analyste basé à Dubaï, cité par Reuters.
D’autres analystes penchent pour une « vente par appartements ». Et dans ce cadre, les ports africains seraient sur la sellette. En termes de volume, ils restent modestes mais surtout, DP World y a engagé de lourds programmes d’investissement. À Dakar, DP World doit livret un nouveau terminal en 2012 pour un coût évalué à € 390 millions. En Algérie, le groupe avait promis des investissements de l’ordre de € 83 millions. Et à Djibouti, outre le port, le développement de la zone franche voisine a été confiée à Jafza, l'autre filiale de Dubaï World menacée de vente.
Bolloré à l'affût
Du côté des repreneurs potentiels, notamment dans le cadre d’une cession par découpage des actifs en Afrique, pas besoin d’être grand clerc pour prédire une offre de Bolloré. Candidat malheureux lors de l’appel d’offres pour le port de Dakar, il devrait être en première ligne, sur ce site comme sur les autres ports africains, à l’exception de celui d’Alger, dont la situation est jugée trop délicate par le groupe. Les compagnies maritimes comme Maersk ou MSC peuvent aussi être intéressées par la gestion de terminaux, cependant la crise a entamé leurs capacités d’investissement. Un retour (potentiel), deux ans après avoir été évincé du port de Dakar, sonnerait comme une revanche pour Bolloré. Mais les obstacles politiques demeurent. En outre, jusqu’à maintenant, tous les opérateurs se félicitent de la gestion de DP World à Dakar.