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POLITIQUE | |
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Alors qu’en Algérie la situation semble s’apaiser suite à l’annonce du gouvernement de subventionner pendant huit mois le sucre et l’huile, la Tunisie s’enflamme. Les manifestations se multiplient dans tout le pays et la répression se fait de plus en plus violente. La promesse faite par le président Ben Ali de créer 300 000 emplois pour résorber le chômage n’a pas calmé les manifestants.
« C'est le chaos à Kasserine après une nuit de violences, de tirs de francs-tireurs, de pillages, de vols de commerces et de domiciles, par des effectifs de police en civil qui se sont ensuite retirés », a indiqué un témoin à l’ATS le 11 janvier. À Tunis, le même jour, la police a réprimé des débuts de manifestations d'artistes et d'opposants dans le centre de la capitale. « Nous voulions exprimer pacifiquement notre colère et notre indignation », a indiqué Fadhel Jaibi, homme de théâtre à l’AFP.
Aujourd'hui, l'armée tunisienne s'est déployée à Tunis où la tension est encore montée d’un cran suite à des affrontements nocturnes. Des renforts militaires ont fait leur apparition dans Tunis et en banlieue, pour la première fois depuis le déclenchement des affrontements que connaît la Tunisie depuis quatre semaines.
Ce déploiement intervenait alors que des sources de l'opposition ont fait état du limogeage du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Rachid Ammar. Celui-ci aurait refusé de donner l'ordre aux soldats de réprimer les émeutes et aurait été remplacé par le chef des renseignements militaires Ahmed Chbir, selon ces informations qui n'ont pu être confirmées de sources officielles.
L’usage « disproportionné » de la force, comme l’a qualifié la porte-parole de la chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton, fait face à des manifestations dont l’intensité ne s’essouffle pas. La première tentative de calmer le jeu a été l’annonce d’une mesure économique. Le président tunisien, Zine El Abidine Ben Ali, a en effet annoncé la création de 300 000 emplois avant la fin de l’année 2012, sans donner plus de précisions sur la nature de ces emplois. « Cet effort permettra de résorber, avant la fin de 2012 (oui, avant la fin 2012, je m'y engage), tous les diplômés du supérieur dont la durée de chômage aura dépassé les deux ans », a-t-il promis.
Par ailleurs, le Premier ministre tunisien Mohamed Ghannouchi a annoncé aujourd’hui le limogeage du ministre de l’Intérieur, Rafik Belhaj Kacem et la libération de toutes les personnes arrêtées dans le cadre des émeutes.
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