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Selon une note d’information publique datée du 22 juillet, le Fonds monétaire international (FMI) met en garde le Cameroun quant à la gestion de son budget.
Le FMI constate en effet que si le Cameroun a réussi à sortir de la crise économique sans trop de dégâts, il peut néanmoins faire beaucoup mieux en matière de gestion.
En effet, avec 2 % de croissance en 2009, le Cameroun s’en est sorti avec seulement 1 % du PIB de déficit budgétaire. Cependant, de gros efforts restent à faire puisque ce n’est pas assez pour réduire la pauvreté d'après le fonds.
Les administrateurs du FMI soulignent en effet dans la Note d'information publique (Nip) qu' « en dépit du vaste potentiel du pays, la croissance est restée entravée, ces dernières années, par une faible infrastructure, un climat des affaires peu propice, une capacité d’absorption limitée, un secteur financier peu développé et des obstacles aux échanges. Le PIB réel par habitant a stagné au cours de la période 2005-09 et l’incidence de la pauvreté est restée quasiment inchangée. Le Cameroun est lourdement tributaire des produits de base pour ses recettes d’exportation et ses recettes budgétaires, et demeure donc vulnérable aux chocs exogènes. La crise mondiale a ralenti le rythme de l’activité économique du Cameroun en 2009, en raison essentiellement d’une baisse de la demande et des prix de certains de ses principaux produits d’exportation. »
Le Cameroun, otage du pétrole
Le principal produit d’exportation est le pétrole et le FMI note que le Cameroun en est trop dépendant. De ce fait, lors de la crise économique et avec la baisse du prix du pétrole, le Cameroun s’est vu amputé d'une bonne partie de ses recettes.
D’autre part, l'institution monétaire internationale déplore le fait que l’État ne paie pas ses dettes et ne sache pas régler ses problèmes de trésorerie. Ekoué Kpodar, représentant africain du FMI explique sur Radio France internationale que l’État camerounais engage des dépenses dont les paiements ne sont pas encore réalisés et les laisse s’accumuler.
« Les administrateurs se sont dits préoccupés par les faiblesses de gestion des finances publiques au vu de l’augmentation des obligations de paiement non réglées et du recours à la Société nationale des hydrocarbures pour financer des opérations de dépenses. Ils ont souligné qu’il était essentiel de renforcer la gestion des dépenses et de la trésorerie afin de préserver la stabilité budgétaire et financière, de veiller à l’efficience des dépenses publiques et de renforcer la transparence budgétaire. », peut-on lire dans la Nip.
Le FMI reconnaît les efforts réalisés
Cependant le bailleur de fonds a salué l’effort du gouvernement qui a remboursé une majeure partie de sa dette à la Sonara, la Société nationale de raffinage, au titre des subventions des prix des carburants à la pompe. Le FMI considère toutefois que ces subventions sont un vrai manque à gagner pour l’État camerounais auquel il recommande d'en diminuer progressivement le montant.
Ekoué Kpodar ajoute que le budget 2010 a été bâti sur des prévisions de recettes trop optimistes et la transparence n’est pas encore au rendez-vous. Il relève également que le système judiciaire était toujours un peu en retard, constituant selon lui un véritable frein pour les investisseurs.
Enfin, le FMI recommande vivement aux autorités camerounaises d’accélérer le processus d’apurement de la dette intérieure et de suivre une sorte de plan d’austérité en évitant « d’épuiser la marge budgétaire constituée des dépôts utilisables de l’État à la banque centrale régionale » et en se concentrant sur l’accroissement des investissements publics dans le domaines des infrastructures.
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