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Malgré une baisse des flux en raison de la crise, la France demeure, de loin, le premier investisseur étranger au Maroc. Une présence forte et atypique.
De notre correspondante au Maroc.
Si depuis deux ans, en raison du ralentissement économique mondial, le flux des investissements directs français au Maroc est en forte baisse (-26 % en 2008, -29 % en 2009 et -38 % au premier semestre 2010), on assiste depuis quelques mois à un retournement de tendance, illustré par la montée du Crédit Mutuel-CIC au capital de BMCE ou par l’entrée de France Télécom au capital de Méditel.
De belles opérations qui confirment la prééminence de la France comme premier investisseur étranger au Maroc. « La part de la France dans les investissements internationaux est d’environ 3%. Au Maroc, elle pèse 50% du total des IDE en moyenne sur dix ans. C’est dire si elle est un élément moteur. C’est un phénomène tout à fait exorbitant et atypique », relève Dominique Bocquet, chef du service économique régional de l’ambassade de France à Rabat.
Avec un stock de € 8 milliards en 2008 (2,5 milliards en 2004), le Maroc est le premier récipiendaire des flux d’investissements français en Afrique et dans les pays émergents, devant la Chine et l’Inde, souligne une étude récente du service économique.
Environ 750 filiales d’entreprises françaises sont installées sur le territoire marocain (+40 % en trois ans), essentiellement à Casablanca (68 %). En incluant les réseaux de franchise et les entreprises fondées par les Français résidant au Maroc, on dénombre plus de 1000 entreprises ayant un lien significatif avec l’hexagone. Ces entreprises prennent le plus souvent un partenaire marocain, quelque soit son degré de participation au capital.
Parmi les premiers groupes français investisseurs en 2009 en termes de chiffres d’affaires : Vivendi (Maroc Telecom), Total, Lafarge, Suez Environnement (Lyonnaise des Eaux de Casablanca), Danone (Centrale laitière), Renault, Société Générale, Axa et Veolia Environnement (Redal). Au total, 35 entreprises du CAC 40 sont installées au Maroc.
Hantées par la baisse des coûts et la recherche de nouveaux marchés, les PME-PMI s’intéressent de plus en plus au royaume chérifien. « Pour les PME-PMI françaises, la place du Maroc est très particulière, analyse Dominique Brunin, directeur de la Chambre française de commerce et d’industrie au Maroc (CFCIM). Des facteurs continuent d’être déterminants, comme la proximité géographique, linguistique, un environnement des affaires sécurisant. La note du Maroc délivrée par la Coface est très favorable, ce qui permet un accompagnement financier. Les délais de paiement se sont améliorés ». « Il y a une lisibilité et une compréhension de l’environnement par le chef d’entreprise qui n’a cessé de s’améliorer. On vient pour le marché intérieur, mais aussi pour chercher des gains de productivité complémentaires, pour réexporter en Afrique sub-saharienne et sur le pourtour méditerranéen », souligne le directeur de la CFCIM.
La montée en gamme des investissements français se fait dans les secteurs à plus forte valeur ajoutée locale, comme l’aéronautique, l’informatique, les télécoms, les services et l’ingénierie, précise l’étude de la mission économique. Dans l’aéronautique, le nombre d’entreprises françaises est ainsi passé de 5 en 2003 à quasiment 150 aujourd’hui.