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Le Gabon entérine les quotas d’étrangers dans le secteur pétrolier

 
Le Gabon produit environ 250 000 barils de pétrole par jour.
Face à la grogne des syndicats, le gouvernement gabonais a cédé et va promulguer une nouvelle loi établissant des quotas de travailleurs étrangers dans le secteur pétrolier. Photo : Atis

Sous pression, le gouvernement gabonais a fini par s’entendre avec le principal syndicat du secteur pétrolier, l’Onep, qui a retiré son préavis de grève après la signature d’un accord sur l’emploi des travailleurs étrangers.

Fin du bras de fer. « Nous avons signé un accord » dans lequel « nous avons obtenu un renforcement des conditions d’emploi des étrangers dans le secteur pétrolier », a déclaré Arnauld Engandji, porte-parole de l'Organisation nationale des employés du pétrole (Onep) qui avait fait grève du 15 au 17 avril dernier, avant de suspendre le mouvement pour revenir à la table des négociations.

Le syndicat qui regroupe une grande majorité des près de 6 000 employés qui travaillent dans le secteur pétrolier gabonais se bat depuis plusieurs mois pour que la loi sur l’emploi de la main d’œuvre étrangère soit respectée par les compagnies. Au terme de 6 mois d’âpres négociations, l’Onep et le gouvernement ont donc  trouvé un terrain d’entente autour d’un texte qui a été ratifié le 1er octobre par le ministre du Travail et de l'emploi, Maxime Nozo Issondou, le ministre des Mines et du pétrole, Julien Nkogé Bekalé et le secrétaire général de l'Onep, Guy-Roger Aurat Reteno.

Vers la « gabonisation » de tout le secteur

Le texte prévoit ainsi « la gabonisation de tous les postes exécutifs dans un délai de 6 mois » et le « reste des postes dans 2 ans ». Par ailleurs, toutes les entreprises du secteur, parmi lesquelles on retrouve des géants mondiaux tels que Total ou Shell, seront tenues de ne pas employer « plus de 10 % de main d’œuvre étrangère ». La loi fixant ce quota devrait être promulguée avant la fin de l’année. Une autre portant sur l’établissement d’une allocation chômage pour les travailleurs du secteur va entrer en discussion au parlement dans le courant de l’année 2011.

Selon un rapport récent, les étrangers employés dans le secteur pétrolier gabonais représentent une population de 1893 personnes sur un total de 8 590 travailleurs répartis dans les 36 entreprises qui se partagent ce marché. Par ailleurs, seuls 17 % de postes d’encadrement supérieur sont occupés par des Gabonais. La nouvelle menace de grève brandie par l’Onep a donc eu raison des réticences du gouvernement à appliquer une loi qui n’est pas à proprement parler du goût des entreprises étrangères. Il faut dire que le blocage total des installations comme conséquence du mouvement d’avril dernier avait entraîné un manque à gagner pour l’État, qui tire aux alentours de 60 % de ses recettes des revenus du pétrole, de plus de FCFA 1,5 milliards (près de € 2,3 millions) par jour. 


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