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Grève suspendue en Afrique du Sud : 3 semaines de réflexion

 
La grève des fonctionnaires en Afrique du Sud a paralysé hôpitaux et écoles pendant une vingtaine de jours.
Une trève de 3 semaines a été décidée par les syndicats qui menacent toutefois de reprendre la grève si les revendications ne sont pas satisfaites d'ici là. Photo : K. Maishani

Après 20 jours de conflit centré sur la revalorisation des salaires des fonctionnaires sud-africains, les principaux syndicats du secteur public ont décidé de suspendre la grève et de lancer une consultation de leurs bases.

Les près d’un million et demi de grévistes sud-africains employés dans le secteur public qui réclament une hausse de leurs salaires de 8,6 % et une indemnité mensuelle de logement de 1 000 Rds (€ 108) ont repris le chemin du travail le mardi 7 septembre. Les deux principaux syndicats du secteur, le Cosatu et l’Independant Labour Caucus, ont en effet décrété la veille une suspension du mouvement pour une durée de 3 semaines, le temps de consulter leurs bases et de continuer à négocier avec le gouvernement qui ne propose, pour l’heure, qu’une revalorisation salariale de 7,5 % et une indemnité logement de 800 Rds (€ 86,5).

La grève est donc suspendue, mais les centrales syndicales qui sont à l’origine du mouvement qui a paralysé hôpitaux et écoles pendant une vingtaine de jours menacent toujours de relancer le conflit si leurs conditions ne sont pas acceptées. En attendant, l’armée a commencé à retirer ses effectifs d’infirmiers et de médecins qui avaient été affectés en support dans les hôpitaux désertés par les grévistes. Selon les informations transmises par le ministère de l’Éducation, 90 % des enseignants auraient d’ores et déjà réintégré leurs classes et les écoles devraient fonctionner normalement à partir du 8 septembre.

Pas de miracle

Dans une déclaration à l’AFP,  la Chambre de commerce et d'industrie d'Afrique du Sud qui avait dénoncé la semaine dernière « l'impact négatif de cette vague de protestation » sur l'économie du pays a voulu insister sur le fait que « les bénéfices que l'Afrique du Sud a pu retirer de l'organisation de la Coupe du monde de football sont sérieusement érodés par les actions actuelles des syndicats ». Bien que le mouvement qui commençait à susciter une impopularité croissante au sein des couches les plus modestes de la société, principales utilisatrices et bénéficiaires des services publics, aura un impact certain sur l’économie du pays, d’aucuns s’interrogent toujours sur ces supposés bénéfices issus de la Coupe du monde.

Le miracle économique tant espéré et qui n’aura vraisemblablement jamais lieu est d’ailleurs en partie responsable de cette mobilisation. L’euphorie passée, le fait que le pays risque de payer très cher la facture d’un événement censé doper durablement son économie, et ne puisse donc honorer les promesses d’embellie économique, a achevé d’attiser les mécontentements. La question est désormais de savoir qui, du gouvernement ou des syndicats, aura le dernier mot et si le succès de ce mouvement risque de faire tâche d’huile dans le privé ? Le syndicat des mineurs avait en effet menacé de rallier la grève en fin de semaine dernière alors que d’autres secteurs présentaient également des signes d’agitation sociale.


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