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POLITIQUE | |
| Démocratie/Gouvernance |
Après avoir limogé son gouvernement ce matin suite à une journée de très forte contestation vendredi, Hosni Moubarak a nommé Omar Souleimane (à la tête du renseignement égyptien), vice-président et Ahmad Chafic pour remplacer Ahmad Nazif au poste de Premier ministre.
Le président égyptien Hosni Moubarak a nommé cet après-midi un vice-président et un Premier ministre, au lendemain de promesses de réformes et de la mise en place d'un nouveau gouvernement. C’est la première fois en 30 ans de pouvoir qu’Hosni Moubarak nomme un vice-président. Il a choisi le chef du renseignement égyptien, Omar Souleimane, pour occuper ce poste, ont rapporté les médias officiels. Ce dernier est un proche d’Hosni Moubarak auquel il a sauvé la vie en 1995 en déjouant une tentative d’assassinat.
Il a été plusieurs fois évoqué comme potentiel successeur du raïs et a les faveurs des États-Unis pour son implication dans le dossier du Proche-Orient. Il représente en outre une alternative appréciée par la vieille garde du Parti national démocrate (PND, au pouvoir) et par l’armée qui cherchent à contrer une arrivée au pouvoir de Gamal Moubarak, fils d’Hosni Moubarak, trop libérale pour de nombreux Égyptiens.
H. Moubarak a également nommé un Premier ministre pour succéder à Ahmad Nazif. Il a choisi le ministre de l'Aviation, le général Ahmad Chafic, a annoncé la télévision d'État. Ahmad Chafic est une personnalité généralement appréciée au sein de l'élite égyptienne, y compris de l'opposition. Son nom avait été récemment évoqué pour succéder au président Moubarak en cas de vacance du pouvoir. Il a été chargé samedi de former le gouvernement en Égypte par un décret du président.
Insuffisant pour l’opposition
Du côté de l’opposition, l’ancien directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) et prix Nobel de la paix, Mohamed El Baradei, avait déclaré plus tôt dans la journée qu’il exigeait le départ d' Hosni Mourabak et avait proposé ses services dans le cadre d'un gouvernement intérimaire. Pour ce dernier, l’annonce d’un remaniement ministériel cette nuit par le président H. Moubarak est une insulte au peuple égyptien. « Je continuerai à participer, peu importe ce que cela implique, pour m'assurer que Moubarak parte », a-t-il déclaré sur France 24.
De leur côté, les Frères musulmans, principale force d'opposition en Égypte, ont appelé à une passation pacifique du pouvoir et à la mise en place d' « un gouvernement de transition sans le Parti national démocrate qui organise des élections honnêtes et une passation pacifique du pouvoir ». Dans une déclaration à la chaîne Al-Jazira, le plus influent prêcheur du monde arabe, cheikh Youssef Al-Qardaoui, a affirmé que seul le départ du président Hosni Moubarak pouvait régler la crise et a invité les Égyptiens à poursuivre leur « soulèvement » pacifiquement.