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La banque de la ZEP manque encore d’impact sur l’économie burundaise

 
Alice Remezon, vice-présidente de l'AFAB.
Alice Remezon, vice-présidente de l'AFAB. Photo: Jean Bosco Nzosaba

Après plus de 10 ans d’exil au Kenya en raison du conflit qui frappait le Burundi, la banque de la zone d’échanges préférentiels (ZEP) a retrouvé son siège de Bujumbura depuis déjà quatre ans. Elle a cependant du mal à redresser l’économie du pays. Alice Remezo, vice-présidente de l’Association burundaise des femmes d’affaires (AFAB) y a difficilement déniché un gros crédit d’investissement en 2010. Elle livre son regard sur cette banque régionale pour le commerce et le développement.

Propos recueillis par notre correspondant au Burundi

MTM : La banque de la ZEP, ou PTA, Bank est relogée dans son siège historique de la capitale burundaise. Quel est son impact sur le monde des affaires au Burundi près de quatre ans après son retour de Nairobi ?

Alice Remezo : La banque de la ZEP constitue une grande opportunité pour les Burundais. Elle offre des possibilités d’emploi et elle appuie les grands projets d’investissements mieux que les banques commerciales locales en nous donnant notamment d'importants crédits à long terme à un taux qui n’est pas prohibitif, au moment où les banques commerciales locales ne dépassent guère deux ans.

La banque de la ZEP n’a donc que des atouts ?

Pas tout à fait, malgré de nets avantages pour certains entrepreneurs, il y a aussi des inconvénients. D’abord parce que cette banque n’offre pas de crédit pour un montant inférieur à $ 500 000 alors qu’en raison de leur situation financière, souvent critique, très peu de Burundais peuvent aujourd’hui prétendre à un tel crédit ; ensuite parce que la banque a une lenteur excessive dans l’analyse ou le traitement des dossiers.

Par exemple, pour mon projet d’installation d’une laiterie moderne à Bujumbura, j’ai introduit un dossier de demande de crédit en 2007 et ce n’est qu’en 2010 qu’un crédit de $ 1 million m’a été accordé. De nombreux opérateurs économiques ont dû abandonner leurs projets parce qu’ils ne voyaient pas de réponse arriver. En cela, ce n’est pas une banque d’affaires : le temps, c’est de l’argent.

Quels autres inconvénients avez-vous relevé et que devrait faire la banque de la ZEP pour y remédier ?

Cette banque ne prend pas en compte le risque de change alors que ses crédits sont en dollars américains et que la monnaie locale se déprécie à vue d’œil. Au final, on se rend compte qu’on a payé plus qu’on ne devait à cause de la dépréciation du franc burundais.

Pour plus d’efficacité, il faudrait que la banque soit plus expéditive dans l’analyse des dossiers de demande de crédits, qu’elle accepte de financer des projets dans les secteurs jugés porteurs pour le pays, en l’occurrence l’agrobusiness et le tourisme. Enfin, il faudrait  qu’elle prenne en charge le risque de change dans ce pays où la monnaie locale perd régulièrement de sa valeur.


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