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Assiste-t-on enfin à la disparition du tiers-monde au bénéfice d’un monde multipolaire ? C’est la question posée le 14 avril par le président du groupe Banque mondiale Robert Zoellick, dans un discours au Woodrow Wilson Center for International Scholars. Extraits.
« Nous vivons maintenant dans une nouvelle économie mondiale multipolaire qui évolue rapidement et dans laquelle certains pays en développement se muent en puissances économiques ; d’autres pays sont en passe de devenir des pôles de croissance ; d’autres encore peinent à tirer pleinement parti de leur potentiel au sein du nouveau système — où le Nord et le Sud, l’Est et l’Ouest ont cessé d’être l’expression d’un destin économique pour ne plus être que des points cardinaux sur une boussole. »
L’Afrique pôle de croissance potentiel
« L’Afrique a manqué le coche de la révolution manufacturière qui a permis aux pays d’Asie de l’Est de s’extirper de la pauvreté et de connaître la prospérité. Mais l’Afrique n’a plus aucune raison de rester à la traîne. »
« Aujourd’hui, de nombreux pays africains importent des outils et biens de consommation de base — jusqu’aux articles les plus petits et les moins coûteux tels que savons ou pantoufles. Si les Africains éliminaient les obstacles à la fabrication de ces produits sur leur sol, ainsi que les entraves à l’entreprenariat local, tout en incitant les investisseurs extérieurs à transférer leur production en Afrique, le continent pourrait commencer à se développer de façon très différente. »
L’agriculture, moteur de développement
Principale source d’emplois sur le continent africain, l’agriculture arrive en tête des « secteurs porteurs » dans le discours du président de la Banque mondiale (à ce sujet lire notre dossier Le choc des cultures)
« L’agriculture est la principale source d’emplois et un domaine où il est possible d’accroître rapidement la productivité et les revenus. Pour y parvenir, il convient de procéder à des investissements tout au long de la chaîne de valeur agricole : droits de propriété, semences, irrigation, engrais, financements, techniques de base, stockage et transport des produits vers les marchés. »
Mais l’agriculture ne suffira pas, à elle seule, à tirer les pays africains hors de la zone rouge du développement, reconnaît R. Zoellick : « Pour accélérer leur croissance économique, les Africains ont besoin de ce dont l’Europe et le Japon avaient besoin après la Deuxième Guerre mondiale : d’infrastructures, d’énergie, de marchés intégrés liés à l’économie mondiale et de conditions propices au développement d’un secteur privé dynamique. »
Réforme de la BM : encore un effort
La promesse d’une meilleure représentation des pays en développement au sein des institutions internationales et, entre autres, de la Banque mondiale sera-t-elle tenue ? R. Zoellick a exhorté les actionnaires de la BM à faire avancer ce dossier : « Un Groupe de la Banque mondiale modernisé doit refléter les réalités économiques internationales du XXIe siècle, en reconnaissant le rôle et les responsabilités d’un nombre grandissant d’acteurs, mais aussi leur diversité et leurs besoins particuliers, et permettre à l’Afrique de mieux se faire entendre. Compte tenu de ces besoins, nous exhortons nos actionnaires à tenir dans quelques jours leur promesse de porter la part des voix collectivement par les pays en développement à 47 % au moins du total des voix. »
Nous notons enfin une toute petite phrase qui ressemblerait presque, avec un peu d’imagination, à un mea culpa : « Nous devons considérer les pays en développement comme nos clients et non comme de simples objets d’application de modèles de développement théoriques. Nous devons les aider à résoudre des problèmes et non tester des hypothèses. » Tout vient à point à qui sait attendre.
Retrouvez l’intégralité du discours de R. Zoellick sur le site de la Banque mondiale.
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