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| Pétrole |
Le cours du pétrole, stabilisé par une offre maîtrisée face à une demande en berne, n’est pas au goût des spéculateurs.
Le pétrole poursuit sa hausse prudente, légèrement au-dessus des $ 80, en s’accrochant à la moindre bonne nouvelle qui pourrait amener les marchés un pas plus près de la reprise tant attendue. Et pour porter cet espoir, tout est bon à prendre : le soutien européen à la Grèce, les chiffres du chômage aux États-Unis (moins mauvais que prévus) chacun faisant regagner quelques dollars à un cours qui avance à pas de loup, surveillant l’état des stocks et attendant la publication des chiffres de l’Opep et de l’Agence internationale de l’énergie.
Ces signes encourageants ne suffisent donc pas, pour l’instant, à ramener le baril vers les $ 100 qu’un grand nombre d’acteurs et d’observateurs (et d’acteurs…) désignent comme son prix naturel et souhaitable.
Une offre stable, mais basse
Les mouvements sont réduits du côté de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) : le contrôle de l’offre annoncé au 2e semestre 2008 n’a pas sensiblement évolué depuis, et le niveau de production décidé en janvier 2009 (24,84 millions de barils par jour) a été confirmé en décembre. La Libye vient d’ailleurs d’annoncer, par la voix du président de la Compagnie nationale de pétrole (NOC), Chokri Ghanem, qu’elle s’attendait à un maintien des quotas de production de l’Opep, face à « l’excédent d’offre sur le marché ».
Cette stabilisation de l’offre est renforcée par l’action des compagnies pétrolières, qui ont réduit les investissements et n’exploitent pas, actuellement, les gisements les plus coûteux (sables bitumeux, eaux profonde), non-rentables depuis que le baril est repassé sous les $ 100. Dans leur World Energy outlook 2009, l’OCDE et l’Agence internationale de l’énergie estiment que « les budgets d’investissement dans l’amont pétrolier et gazier à l’échelle mondiale ont été réduits d’environ 19 % en 2009 par rapport à 2008 ».
À long terme, la tendance est à la diversification. Celle de Total dans le solaire (Photovoltech, Tenesol, Konarka), la biomasse (au stade recherche et développement pour l’instant) et, plus concrètement, le nucléaire (EPR de Penly avec Électricité de France) démontrent, si besoin, que la promesse d’un pétrole rare, donc cher, ne suffira pas à maintenir les profits des compagnies pétrolières.
Toujours selon le World Energy outlook 2009, « la crise apporte un sursis temporaire face à la consommation croissante d’énergies fossiles ». Certes, puisque la demande est ralentie. Mais il ne faut pas oublier que les investissements le sont également, et que la croissance de la production nécessaire pour éloigner le peak-oil n’est pas non plus au rendez-vous.
L’influence du dollar atténuée
La corrélation inversée entre prix du baril et cours du dollar (la baisse de ce dernier rendant le baril moins cher hors US) semble ne pas jouer à plein. Le récent rebond du billet vert n’a pas suffi à faire reculer le prix du baril.
La part de la spéculation en baisse
Les fondamentaux du marché ont regagné du terrain sur la spéculation dans les déterminants du cours du brut ces derniers mois. Selon Thomas Porcher, de GBP-conseil, « la spéculation explique actuellement entre 5 % à 10 % du prix du baril. » Or en 2008, « quand le prix du baril était autour de 150 $, elle représentait entre 25 % à 30 % du prix du baril ».
Pourquoi ce divorce ? La spéculation s’appuie sur les retournements du marché. Dans un environnement stabilisé tant sur l’offre que sur la demande, elle est forcément réduite. Il faudra donc attendre une confirmation de la reprise pour voir un retour des spéculateurs appuyer la relance de la demande.
C’est l’explication de l’optimisme affiché par le cours à la moindre bonne nouvelle : tout le monde est à l’affût de la belle remontée annoncée lorsque la demande se rapprochera de l’offre. Mais ce n’est pas pour tout de suite : le gap actuel est de 3 millions de barils, selon Christophe de Margerie (Total).
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