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Le capital-risque existe aussi pour les PME en Afrique

 

Aux rencontres Africa France business, comme partout, la question du financement des PME était de tous les débats, et on s’attendait bien sûr à ce qu’elle reste sans véritable réponse. Jusqu’à une intervention remarquée, celle de Jérémy Hadjenberg, d’Investisseur et partenaire pour le développement (I&P).

Très remarqué à l’occasion des rencontres Africa France business (1), Investisseur et Partenaire pour le Développement (I&P) propose des financements en fonds propres sous forme de prise de participation minoritaire, dans une fourchette de € 150 000 à 1 million, dans les petites et moyennes entreprises en création et en développement. Soit du capital-risque dédié aux PME africaines.

C’est une attaque d’article que les journalistes économiques spécialisés sur ce continent n’écrivent pas souvent – à leur grand regret. Mais durant les quelques minutes qu’a duré l’intervention d’I&P, il y a eu comme un frémissement chez les entrepreneurs venus assister à l’atelier « Financement des entreprises » des rencontres de Bordeaux. Non seulement I&P investit au capital des PME, mais en plus, ça marche.

Soutenu par le Centre pour le développement des entreprises (CDE) depuis 2008 et par la Banque européenne d’investissement (BEI) depuis 2009, I&P présentait à fin mars 2009 un résultat net consolidé d’€ 1,73 million (contre € 135 000 de pertes la première année), sans plus-values sur cessions de participations. Le bilan consolidé s’élève à un peu plus de € 20 millions.

I&P avait à la fin septembre 2009 un portefeuille investi de € 14,1 millions, en hausse de 9 % par rapport à 2008, les portefeuilles stratégiques en hausse étant l’entreprise (+48 %) et la microfinance (investissement dans les IMF ; +20 %), les placements en microfinance ayant été fortement réduits depuis fin 2008 pour « diminuer le niveau de risque ».

Pour réussir cela, le capital-risqueur a construit une méthode d’accompagnement des entreprises à son portefeuille basé sur un suivi régulier des activités (au moins 4 missions par an dans chaque entreprise) et des tableaux de bord permettant de veiller au respect du business plan ou, à défaut, de participer à la prise de décision stratégique. Ce qui lui a valu ce commentaire d’Aude Flogny-Catrisse, chef de division secteur financier et appui au secteur privé de l’Agence française de développement : « L’apport de fonds propres couplé à un accompagnement ou à des conseils, voilà un modèle à suivre avec attention » dans le cadre des problèmes d’accès au financement des PME.

Ces rencontres d’affaires se tenaient à Bordeaux les 2 et 3 juin, dans la foulée du sommet Afrique-France de Nice. Elles ont réuni 378 entreprises, dont 62 % africaines, au sein desquelles 22 % étaient non-francophones (principalement anglo- et lusophones).
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