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Les diamants zimbabwéens toujours bloqués par Kimberley

 
Le processus de Kimberley auquel le Zimbabwe a adhéré ne l'autorise toujours pas à commercialiser ses diamants à l'international.
Mineur à la recherche de diamants alluviaux au Sierra Leone. Photo : USAid

Le ministre des Finances du Zimbabwe demande que son pays soit autorisé à vendre ses diamants via le Processus de Kimberley en rappelant que l’interdiction actuelle pèse lourdement sur les finances nationales.

Tendai Biti, ministre des Finances du Zimbabwe, espère pouvoir présenter fin juillet, devant le Parlement, les nouvelles orientations fiscales du pays en y incluant la vente de diamants qui est jusqu’à présent bloquée par le processus de Kimberley(1). Il a appelé de ses vœux une levée rapide de l’interdiction en affirmant que « Kimberley doit autoriser le Zimbabwe à vendre ses diamants, quitte à être présent dans le pays pour nous aider à résoudre les problèmes qui bloquent la certification ».

Plus vindicatif, Rugare Gumbo, le porte-parole du parti présidentiel, le Zanu-PF, a de son côté affirmé qu’il y avait « des manœuvres pour redéfinir le terme de "diamants de sang" dans le but de criminaliser uniquement les diamants zimbabwéens, qui ne sont pas dans les mains des Anglo-Saxons ».

L'accréditation pour les pierres extraites dans la mine zimbabwéenne de Marange avait en effet été suspendue en novembre 2009 suite à différents témoignages faisant état d’actes de maltraitance et de violence à l’encontre des travailleurs. Mais selon un rapport d'un enquêteur du Système de certification du processus de Kimberley (SCPK), Abbey Chikane, le pays présidé par Robert Mugabe s'est désormais mis en conformité avec les critères exigés par le Processus de Kimberley. Un avis qui n’est pas partagé par tous au sein de l’instance internationale.

Une question de crédibilité

Les participants au processus de Kimberley - les gouvernements, l'industrie du diamant et les organisations de la société civile qui cherchent à éradiquer le commerce des « diamants de la guerre » - se sont réunis du 21 au 23 juin 2010 en Israël, pays qui préside le groupe cette année. Dans un communiqué diffusé à l’issue de la rencontre, la position vis-à-vis de la levée de l’interdiction qui frappe le Zimbabwe reste très ferme : « Bien que la majorité des pays participant au Processus de Kimberley aient approuvé le compte rendu de M. Chikane, plusieurs pays et des participants de la société civile se sont opposés à l'idée que le Zimbabwe recommence immédiatement à exporter des diamants de Marange. »

Plusieurs organisations de défense des droits de l'Homme s'opposent notamment à la décision d’autoriser à nouveau le Zimbabwe à vendre ses diamants en affirmant que toutes ses mines doivent être sanctionnées tant que les conditions à Marange n'auront pas été améliorées. L’ONG Human Rights Watch a ainsi reçu de nouveaux témoignages indiquant que « de nombreux soldats à Marange se livrent à des assignations au travail forcé, à des actes de torture, à des passages à tabac et à du harcèlement ».

 « Le processus de Kimberley risque de perdre toute crédibilité s'il ferme les yeux sur ces violations en cours », a déclaré Rona Peligal, directrice par intérim de la division Afrique chez Human Rights Watch. « Si le processus de Kimberley ne peut agir concrètement sur un problème tel que celui du Zimbabwe, alors à quoi sert-il ? », a-t-elle conclu.

(1) Le processus de Kimberley est une initiative commune regroupant des gouvernements, le Conseil mondial du diamant et des ONG afin de mettre un terme au commerce des diamants dans le cadre des conflits. Des diamants bruts sont en effet utilisés par les mouvements rebelles pour financer la lutte armée contre des gouvernements légitimes. Pendant plusieurs dizaines d'années, le commerce de ces pierres illégales a alimenté des conflits dévastateurs dans des pays comme l'Angola, la Côte d'Ivoire, la République démocratique du Congo ou le Sierra Leone.

Le système de certification du processus de Kimberley impose à ses membres de nombreuses conditions afin de pouvoir certifier que les échanges de diamants bruts ne servent pas à financer des conflits armés. Depuis septembre 2007, le processus de Kimberley compte 48 participants représentant 74 pays, l'Union européenne et ses États membres, comptant comme un seul participant.

(Source : Kimberley Process)
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