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Les manifestations d'aujourd'hui sont maintenues malgré la répression en Égypte

 
Vue du Caire
Déjà sept personnes ont trouvé la mort lors de confrontations avec les forces de l’ordre et une vingtaine de membres du parti des Frères musulmans ont été arrêtés alors qu’ils appelaient à manifester pour la première fois aujourd’hui. Ici, une vue du Caire. Photo: Jean-pierre Jeannin.

Après trois jours de manifestations violemment réprimées par les forces de l’ordre, les Égyptiens ne se découragent pas et préparent un grand rassemblement aujourd’hui après la prière musulmane.

La journée s'annonce capitale pour l'Égypte, alors que des manifestations « de la colère » ont été prévues sans pour autant être autorisées. Le ministère égyptien de l'Intérieur a annoncé des mesures qualifiées de « décisives » pour empêcher les manifestations de ce vendredi. Déjà sept personnes ont trouvé la mort lors de confrontations avec les forces de l’ordre et une vingtaine de membres du parti des Frères musulmans ont été arrêtés alors qu’ils appelaient à manifester pour la première fois aujourd’hui.

Depuis le début de la semaine, les manifestations qui secouent le pays ont été très violemment réprimées et des images d’un pays quasiment en état de guerre circulent sur les réseaux sociaux. La ville de Suez a été complètement dévastée. Dans cette ville, l'arrivée dans la nuit  d'un contingent de 4 000 hommes a été répercutée sur les réseaux sociaux et sur la chaîne Al-Jazira.

Un potentiel candidat à la présidentiel prévue en novembre prochain, Mohamed El Baradei, ancien directeur de l’Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) et prix Nobel de la paix, est arrivé hier au Caire afin de participer aux manifestations. Une cinquantaine de personnes l’attendait à l’aéroport pour son arrivée.

Solidarité web

Le gouvernement d'Hosni Moubarak ne lâche pas la bride alors que la solidarité s’organise sur les réseaux sociaux. Sur Facebook comme sur Twitter, les manifestants égyptiens prennent conseil auprès des internautes tunisiens, rapporte notre consœur de RFI, Véronique Gaymard. Sur Twitter, les solutions pour détourner la censure (proxies, etc) circulent largement. Conscients du rôle d’Internet et des téléphones mobiles dans l’organisation des manifestations à travers le pays, les autorités ont coupé internet, hier à minuit, ainsi que la diffusion des SMS.

Des « Anonymous », cette communauté de hackers militants qui avait pris la défense de Julian Assange (WikiLeaks) en attaquant les sites qui tentaient de limiter son action, ont lancé un appel aux journalistes sur le web pour que les événements égyptiens soient mieux couverts. Avec « Operation Tunisia » et « Operation Algeria», ce groupe soutient les populations en révolte contre leurs régimes dans le monde arabe. Sur internet, plus les tentatives de censure se multiplient, plus la solidarité joue.

Les États-Unis entre deux eaux

De leur côté, les États-Unis restent prudents. Contrairement à la Tunisie, où la Maison Blanche a probablement choisi de ne pas soutenir Zine El Abidine Ben Ali, Washington semble moins attaché aux principes démocratiques lorsqu’il s’agit de l’Égypte. « Nous soutenons les droits universels de réunion et d'expression », a assuré la Maison Blanche dans un communiqué, tout en assurant à l'Égypte qu'elle reste une « alliée proche et importante, et continuera de l'être ».

Interrogé au micro de TV5, Marc Lavergne, directeur du Centre d'études et de documentation économiques, juridiques et sociales (Cedej) au Caire, a précisé que « l'avènement de la démocratie pourrait devenir un cauchemar pour Israël, le principal allié américain dans la région. Ils sont partagés entre le cœur et la raison. » Pour rappel, l’Égypte est le deuxième récipiendaire de l’aide américaine dans la région. Mais la situation sociale pourrait pousser le donateur à changer de cap. Les pistes d'une succession, avec Omar Souleimane, proche du régime, ou Mohammed El Baradei avaient déjà été étudiées lors de l’hospitalisation de Hosni Moubarak en mars 2010.

 


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