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Le 3e sommet Afrique-Union européenne, qui s'est ouvert les 29 et 30 novembre en Libye, cherche à renforcer la Stratégie commune. L'occasion pour la plateforme syndicale commune entre syndicats de travailleurs africains et européens de faire entendre sa voix et compte bien peser sur les futures négociations.
Lancée lors du Sommet de Lisbonne le 9 décembre 2007, la stratégie commune entre l’Afrique et l’UE a pour objectif de produire un cadre global de négociations à long terme entre deux partenaires « égaux ». En vue d’assurer sa mise en œuvre, un plan d’action a été initialement adopté pour trois ans puis renouvelé jusqu’en 2015. Il énonce 8 grandes orientations :
Soutenant la place centrale qui était accordée aux OMD dans la Stratégie commune, les syndicats d’Europe et d’Afrique insistaient déjà lors de sa mise en place pour que le travail décent soit placé au cœur de ce nouveau cadre d’échanges et « devienne ainsi la pierre angulaire de sociétés justes, démocratiques et participatives en Europe et en Afrique ». Près de 3 ans plus tard, la branche africaine de la Confédération syndicale internationale (CSI-Ituc) et la Confédération syndicale européenne (Etuc) reviennent à la charge pour rappeler ce qu’ils considèrent être les points-clés d’une intégration socialement réussie du processus de Stratégie commune.
Intégrer les partenaires sociaux au dialogue
Prenant acte de la nécessité de promouvoir la déclaration de l’Organisation internationale du travail (OIT) de 2008 pour la justice sociale et pour une mondialisation équitable, les syndicats d’Afrique et d’Europe, réunis les 4 et 5 octobre 2010 à Yaoundé, ont réaffirmé leur engagement pour le travail décent. Ils invitent ainsi les chefs d’État de l’UE et de l’UA, qui se réunissent les 29 et 30 novembre en Libye, à intégrer pleinement l’Agenda mondial de l’OIT pour l’emploi décent dans les grands principes de la Stratégie commune qui émaneront du sommet officiel, ainsi que pour chacune de ses 8 orientations, apportant ainsi un caractère contraignant à cet objectif. Le sommet de Syrte est pour eux insuffisant en la matière :
« Cette question est d’autant plus cruciale que le sommet de Syrte centrera ses travaux sur trois priorités : la croissance, les investissements et l’emploi; et qu’à l’heure actuelle, il faut constater peu ou pas d’écho sur des initiatives concrètes reflétant la priorité du volet de l’emploi. »
Les syndicats d’Afrique et d’Europe estiment que la Stratégie commune « doit affirmer et reconnaître que la ratification et le respect des normes fondamentales du travail et de celles qui sont liées à la protection sociale sont une condition nécessaire au développement durable des pays africains et européens ». L’insertion parmi les initiatives de haut niveau qui seront présentées au sommet des chefs d’État d’une ou plusieurs propositions liées aux questions du travail décent est, pour eux, « un moyen essentiel pour une mise en œuvre effective de cet engagement attendu ».
De la même manière, chaque partenariat devrait contenir des objectifs quantifiables relatifs à l’emploi décent. Ainsi, la pleine participation des partenaires sociaux à la vie économique et sociale des pays, dans les initiatives sous-régionales et dans le cadre des relations entre l’UE et l’UA « répond non seulement à des exigences de démocratie participative, mais est également source de développement social, de paix sociale et de compétitivité économique ».
À ce titre, la plateforme syndicale africano-européenne a posé ses exigences :
« que le dialogue social, instrument privilégié des partenaires sociaux permettant d’arriver à des consensus socio-économiques porteurs de développement, soit reconnu dans son rôle spécifique et figure d’une façon claire dans les engagements et propositions d’actions du partenariat EU-Afrique. »