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Levée partielle de l’embargo sur les diamants zimbabwéens

 
Le Zimbabwe possède l'une plus importantes réserves de diamants bruts au monde.
Malgré le scepticisme des ONG, le Zimbabwe est autorisé à reprendre sa vente de diamants sous le contôle du Processus de Kimberley. Photo : P. Géry

Un accord intervenu le 15 juillet autorise le Zimbabwe à reprendre partiellement ses exportations de diamants après plus de 8 mois de suspension au titre du Processus de Kimberley.

Le Zimbabwe va pouvoir reprendre la vente d’une partie de ses stocks de diamants, qui était interdite depuis novembre 2009, suite à la révélation par des ONG de faits de violations graves des droits humains dans la mine de Marange, à l’est du pays. La décision de permettre à ce pays considéré comme l’un des plus fournis en diamants bruts du monde de reprendre les exportations de gemmes a été prise le 15 juillet 2010, à l’issue d’une réunion du Conseil mondial du diamant à Saint-Pétersbourg.

Elle fait suite à un rapport d'un enquêteur du Système de certification du processus de Kimberley (SCPK) qui avait noté des éléments encourageants et une volonté par le pays présidé par Robert Mugabe d’une mise en conformité avec les critères exigés. Même si l’argument n’est pas officiellement évoqué, les récentes prises de position du président R. Mugabe, qui avait menacé de reprendre la vente de diamants sans l’accord des instances internationales, auraient largement contribué à ce qu’un terrain d’entente soit trouvé, du moins provisoirement. La mise en vente de la totalité du stock de diamants zimbabwéens sans aucun processus de contrôle ni de certification aurait en effet pu provoquer une déstabilisation majeure du marché.

Test final

« Cet événement contribuera à influencer le développement économique du pays. C’est un fait majeur pour le peuple du Zimbabwe », s’est réjoui Obert Mpofu, ministre des Mines et du développement minier du Zimbabwe, tandis qu’Annie Dunnebacke, porte-parole de l’ONG Global Witness, très impliquée dans la lutte contre les « diamants de la guerre » et les « minerais de sang », a pour sa part déclaré qu’il s’agissait du « test final » pour la crédibilité du Processus de Kimberley. Selon elle, de nombreuses organisations adhérentes de l’initiative internationale de surveillance de la commercialisation des diamants pourraient quitter le Processus de Kimberley si le Zimbabwe ne remplit pas les conditions qui lui ont été fixées après cette levée de l’embargo.

Le stock de diamants dont dispose actuellement le Zimbabwe et dont l’exportation était jusqu’à présent bloqué représenterait $ 1,7 milliard, selon O. Mpofu. Mais aucune information n’indique jusqu’à présent que la totalité de ce stock aura le feu vert pour être vendu selon les termes de l’accord.


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