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Libye : la goutte qui fait déborder les marchés

 
La crise en Libye fait grimper le baril
La situation en Libye fait monter en flèche les prix du pétrole sur les différents marchés. Photo: DR

Les violences qui secouent la Libye affolent les marchés pétroliers tandis que la situation sur place se dégrade d'heure en heure. Plusieurs villes, dont Benghazi, seraient tombées entre les mains des manifestants.

Vers 11h30 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en avril s'échangeait à $ 104,59 sur l'InterContinental Exchange (ICE) de Londres, en hausse de $ 1,99 par rapport à la clôture de vendredi, après avoir atteint $ 105,08, un sommet depuis le 25 septembre 2008. Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de « light sweet crude » (WTI) pour livraison en mars grimpait de $ 3,07 à $  89,27, après être monté à $ 89,78, son niveau le plus élevé depuis deux semaines.

La Libye, membre de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), est le quatrième producteur de pétrole en Afrique, avec près de 1,8 million de barils par jour et possède des réserves évaluées à 42 milliards de barils.

« Les violences en Libye sont le moteur de la hausse des prix », expliquaient les analystes de Commerzbank à l’AFP, faisant notamment référence aux propos d'un chef tribal qui menace de suspendre les exportations de brut si la violence contre les manifestants se poursuit.

Les étrangers plient bagages

La situation se dégrade d'heure en heure en Libye où plusieurs villes dont Benghazi, foyer de la contestation, seraient tombées entre les mains des manifestants. Des compagnies pétrolières européennes ont déjà annoncé le rapatriement de ses personnels établis sur place. C’est notamment le cas de BP et Eni. BP se prépare à évacuer dans les 48 heures une partie de son personnel en Libye, où il emploie en tout 104 personnes, a annoncé ce matin un porte-parole du groupe. Même chose pour l'itallien Eni qui a annoncé en début d’après-midi l'évacuation de ses salariés « non essentiels » expatriés en Libye ainsi que leurs familles.

De façon générale, l’Union européenne envisage le rapatriement de ses ressortissants. « Nous sommes extrêmement préoccupés, nous coordonnons l'évacuation éventuelle des citoyens de l'Union européenne de Libye, en particulier de Benghazi », a déclaré Trinidad Jimenez, ministre espagnole des Affaires étrangères, en marge d'une réunion avec ses homologues européens à Bruxelles.

Le gouvernement portugais a annoncé aujourd’hui l'envoi d'un avion militaire C-130 qui devrait atterrir dans les prochaines heures à Tripoli pour rapatrier ses ressortissants et des citoyens d'autres pays de l'Union européenne (UE). L’Autriche avait annoncé la même mesure la veille tandis que les entreprises allemandes vont également rapatrier leurs salariés.


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