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Le Parlement somalien devra rendre des comptes à l’UE

 
Un bateau de l'Amisom
Un bateau de l'Amisom. Photo: Hebster

L'Union européenne, principal bailleur de fonds de la Somalie, a décidé de conditionner davantage son aide aux autorités du pays en fonctions de résultats « tangibles » tant en matière politique que dans le domaine économique.

L’attitude récente du Parlement somalien semble avoir joué un rôle majeur dans la décision de l’Union européenne. En place depuis 2004, cette institution transitoire non élue au suffrage universel direct avait voté unilatéralement en février la prolongation de son mandat pour trois années supplémentaires. La décision avait alors  déclenché un torrent de critiques de la part de la communauté internationale, qui finance cette institution, et de l’Union européenne en particulier.

Aujourd’hui, Nick Westcott, conseiller chargé de l'Afrique auprès de Catherine Ashton, chef de la diplomatie de l'UE, offre un discours diplomate mais ferme : « Notre aide au processus politique et au développement économique ira là où elle peut apporter une plus-value (...) Nous investissons beaucoup de ressources dans le processus politique en Somalie. Ce serait difficile pour moi de justifier ces ressources s'il n'y a pas de progrès tangible ».

Pour rappel, en  2008, l’UE avait débloqué pour la Somalie une enveloppe de € 250 millions sur une période de cinq ans jusque fin 2013, à laquelle s'ajoute une aide humanitaire de € 45 millions par an. L'Union européenne a également donné une enveloppe de € 142 millions et une rallonge récente de € 65 millions à la Mission de l'Union africaine en Somalie (Amisom).

L'UE veut désormais lier une éventuelle extension du mandat des institutions transitoires à des objectifs mesurables, notamment en termes de légitimité politique accrue. « Il peut encore être question d'une extension (de leur mandat), mais peut-être pas pour trois ans », a prévenu le diplomate européen.

Cette décision de l’UE intervient tandis que les violences s’accumulent en Somalie. Outre les actes de pirateries quasi-quotidiens au large de l’océan Indien, les combats continuent aussi sur le terrain. Ce 22 mars, au moins 11 personnes ont été tuées à Mogadiscio lors d'une attaque des forces pro-gouvernementales somaliennes, soutenues par l'Amisom, contre des positions des insurgés islamistes.


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