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BTP & TRANSPORT | |
| Transport aérien |
À l’approche de l’événement footballistique planétaire, les six principales compagnies aériennes d’Afrique du Sud sont sous l’œil du cabinet du président Jacob Zuma. Les autorités du pays craignent des ententes illicites entre les transporteurs.
« Je demande à toutes les compagnies aériennes de ne pas exploiter les Sud-Africains et bien sûr les visiteurs étrangers qui souhaitent simplement prendre part à la Coupe du monde. C'est moralement incorrect », a déclaré en février Makhenkesi Stofile, le ministre des Sports sud-africain. Cet appel fait suite à une enquête qui a été lancée en novembre 2009 par la Commission de la concurrence sud-africaine dont le commissaire, Shan Ramuruth, a déclaré il y a peu : « La Coupe du monde est l’occasion rêvée pour donner au monde un aperçu de la compétitivité de notre pays. Une opportunité qui pourrait avoir des effets bénéfiques bien au-delà de l’événement lui-même. Mais il se pourrait aussi que, profitant de l’aubaine, certaines entreprises adoptent des conduites anticoncurrentielles. Il est donc légitime que la Commission se penche sur toutes les plaintes allant dans ce sens. »
Alors qu’initialement, l’enquête ne ciblait que South African Airways (SAA), elle s’est progressivement étendue à 5 autres transporteurs : 1Time, SA Airlink, Mango, SA Express et le partenaire de British Airways en Afrique du Sud, Comair.
Un énorme gâteau…
L’étendue du territoire sud-africain est telle que la manière la plus efficace de se déplacer d’un site de la compétition à l’autre reste l’avion. Du coup, les estimations des voyagistes tablent sur près de 2 000 vols intérieurs quotidiens pendant la durée de l’événement. Une manne providentielle que les opérateurs qui officient dans le ciel sud-africain entendent valoriser massivement. Même si personne n’est étonné que les prix des vols soient majorés pour l’occasion, Michael Tatalias, directeur de l’association représentant le secteur touristique privé en Afrique du Sud, la Satsa, reconnaît dans une interview accordée au site air-journal.fr que cette fois-ci, « les compagnies ont eu la main particulièrement lourde ».
Alors que ces dernières clament avoir fixé leurs tarifs en fonction de la demande – ce qui paraît étonnant alors qu’à l’heure actuelle, seule une petite dizaine de matchs sont complets –, la commission de la concurrence a récemment révélé avoir été stupéfaite de constater que tous les prix ont été gonflés d’emblée, quitte à être revus à la baisse au dernier moment et au cas par cas. Certaines d’entre elles avaient même prévu de ne communiquer aucun tarif avant l’ouverture de la compétition.
… que tout le monde se partage
Une rapide consultation sur les sites des voyagistes et des compagnies permet de mesurer l’ampleur du phénomène. Un billet pour un Johannesburg-Le Cap le jour de l'ouverture de la compétition, le 11 juin, se négocie désormais entre le double et le quadruple de sa valeur constatée début janvier de cette année. Devant cette surenchère, l'exécutif sud-africain a donc décidé de mettre son nez dans les affaires des opérateurs aériens nationaux afin de vérifier que les règles de distribution des parts du gâteau n'étaient pas faussées. La seule menace de sanctions à venir a refroidi les ardeurs des belligérants. Ainsi, un porte-parole de SAA a récemment déclaré à la presse que sa compagnie « est toute disposée à coopérer avec la commission et à s’engager à se conformer strictement aux dispositions de la loi sur la concurrence en échange d’une application nuancée des textes en matière de sanctions… » L'art de la négociation semble décidément l'apanage de certains.