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La planète altermondialiste réunie à Dakar

 
Forum social mondial de Dakar
Du 6 au 11 février 2011 Dakar la capitale du Sénégal accueille la 11ème édition du FSM (Forum social mondial). Photo : Attac / CADTM

Le 11ème Forum social mondial (FSM) se tient au Sénégal du 6 au 11 février. De nombreux militants et ONG d’Amérique latine, d’Afrique, d’Asie et d’Europe ont convergé dans la capitale sénégalaise. Leur mot d’ordre : un autre monde est possible. Cette année le FSM planche sur « les crises du système et des civilisations ».

« Un monde sans dette, un monde sans oppression ». Ce slogan est inscrit sur plusieurs pancartes d’altermondialistes dénonçant les travers du libéralisme. Pour ouvrir le FSM, une marée humaine a défilé dans les rues de la capitale sénégalaise. Dans toute sa diversité, la planète altermondialiste marche au rythme de tambours et de remix de chansons de Fela Kuti. Parmi les militants africains, le Marocain Abdallah Saaf, prône un soutien des gouvernements pour atténuer les hausses de prix des denrées. « L’appui aux produits de première nécessité est inévitable dans les conditions actuelles », clame haut et fort cet économiste.

La hausse des prix du carburant inquiète plusieurs ONG. Appliquée au secteur de la pêche, cette augmentation présente des risques pour la sécurité alimentaire. Francisco Mari, un expert allemand sur les questions de pêche au Service des Églises évangélique pour le développement constate que « pour entrer dans leurs fonds, les pêcheurs sénégalais vendent leurs produits plus cher et par ricochet, les femmes qui fabriquent du poisson séché sur les plages répercutent ces prix ». Résultat : « des pays voisins comme le Mali et le Burkina Faso ne peuvent pas se permettre de payer de telles sommes et ont donc un accès réduit aux ressources halieutiques », explique-t-il.

Qu’ils soient leaders d’opinion ou simples citoyens, tous ont en tête les bouleversements sociaux qui agitent le nord du continent africain. Entre ses mains, l’Égyptienne Asmahan Elbartraoui tient une pancarte sur laquelle est écrit : « Le peuple a parlé ». « On voudrait soutenir les jeunes qui se battent pour des droits démocratiques qui sont un des premiers objectifs du forum », affirme-t-elle. Non loin, le Marocain Abdallah Saaf, renchérit : il faut résoudre la question de l’emploi dans cette zone. « L’État ne recrute plus et le chômage varie entre 9 et 12 % au Maroc. La jeunesse diplômée est particulièrement touchée », explique ce responsable d’un centre de recherche en sciences sociales à Rabat.

C’est à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar que se réunit la crème des militants altermondialistes. Devant une foule de jeunes et de syndicalistes en liesse, portant le poing vers le ciel signe de révolution, le président bolivien Evo Morales n’a de cesse de pourfendre le capitalisme. Cet ancien syndicaliste encourage les altermondialistes à protéger « la terre mère » et leur livre sa vision de l’état actuel de l’environnement. « Pour refroidir la planète, lance-t-il d’un ton ferme, il faut changer de modèles économiques, en finir avec le capitalisme… il faut que les puissances arrêtent de détruire la planète ».


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