![]() |
ENERGIES | |
| Gaz |
Alors que la polémique enfle en Europe, l’Afrique n’est pas exempte de protestations contre les projets d’extraction du gaz de schiste, surtout dans la région du Karoo au centre de l’Afrique du Sud, où les ressources en eau sont rares et fragiles.
La compagnie pétrolière anglo-néerlandaise Shell a déposé une demande d'exploration des gaz de schistes dans la région semi-désertique du Karoo (centre de l'Afrique du Sud). La demande de permis déposée par Shell concerne une surface de 90 000 km2, deux fois la taille du Danemark (sur les 700 000 que représente la totalité du bassin).
En juillet 2010, sa concurrente sud-africaine Sasol, en joint venture avec la norvégienne Statoil et l’américaine Chesapeake Energy Corporation avait déjà obtenu un permis d’exploration pour 12 mois sur 88 000 km2.
De nouvelles techniques de forage, par fracturation, permettent d'atteindre ce gaz à un coût économiquement viable. Mais cette technologie suscite des craintes chez les défenseurs de l'environnement, notamment pour les ressources en eau avoisinantes.
« Nous avons toujours su qu'il y avait du gaz prisonnier dans le schiste, mais l'extraire coûtait très cher, alors que nous disposions d'autres réserves d'accès plus facile », explique à l'AFP un responsable de la communication de Shell, Phaldie Kalam. « Mais nous ne sommes plus dans une ère d'abondance (...) et les prix du gaz sont plus élevés : ça vaut désormais le coût d'utiliser des techniques variées et de puiser plus profondément », dit-il. Shell doit donc présenter en avril son programme de gestion de l'environnement à l'Agence pétrolière d'Afrique du Sud (Pasa), qui a d’ores et déjà souligné l’énorme potentiel en gaz du bassin. Selon le directeur de Pasa, Mthozami Xiphu, les réserves de Karoo représentent « déjà cinq fois plus que la production à Mossgas », les champs de gaz naturel situés dans le Sud du pays.
Mais selon Morne du Plessis, président du WWF en Afrique du Sud, « il n'y a aucune raison d'exploiter le gaz de schistes : nous disposons en surface d'énormes ressources pour des énergies vertes. » Les défenseurs de l’environnement, quant à eux, soulignent les risques pour les nappes phréatiques de la région : « Notre principale inquiétude concerne le risque de contamination des eaux souterraines, quasiment les seules sources d'eau dans cette région aride », explique leur avocat Me Derek Light à l’AFP.
L'Afrique du Sud, qui dépend à 95 % du charbon pour sa production d'électricité, cherche à diversifier ses sources d'énergie. Le gouvernement espère produire d'ici dix ans 10 % de son électricité à partir du gaz, contre 3 % aujourd'hui.
Avec agences (AFP, Reuters)
Du même auteur : | Sur le même sujet:
|