STRATÉGIES

ET INVESTISSEMENTS

EN AFRIQUE


ECONOMIE
Investissements

Le potentiel du marché égyptien appâte les entreprises françaises

 
Profitant de sa position géographique au carrefour de l'Afrique et du Moyen-Orient, l'Égypte compte bien rattraper son retard en termes d'investissements directs étrangers. Photo: Jean-pierre Jeannin.

Le soleil brille pour les investisseurs étrangers en Égypte. Depuis la vague de réformes libérales, les entreprises sont de plus en plus nombreuses à venir s'installer au pays des pharaons.

Profitant de sa position géographique au carrefour de l'Afrique et du Moyen-Orient, l'Égypte compte bien rattraper son retard en termes d'investissements directs étrangers (IDE). Car, si le ratio d'investissement a bel et bien augmenté, passant de 17 % du PIB en 2002/03 à 21 % en 2006/07, il reste bien inférieur à la moyenne des pays émergents (28 %) et insuffisant pour un rattrapage en terme infrastructures.

Pourtant, pour ceux qui ont déjà fait le pari égyptien, les arguments ne manquent pas. « Pour bon nombre de multinationales qui s'installent en Égypte, l'attractivité de ce pays est indéniable pour des raisons géographiques, économiques mais aussi démographiques », explique Tayeb Mouhcine, directeur général de Bell (agroalimentaire) en Égypte. Présent dans le pays depuis 1998, le groupe vient d'inaugurer une nouvelle unité de production entièrement destinée à l'export. « Nous réalisons 70 % de notre chiffre d'affaires à l'export sur l'Afrique, essentiellement la Libye, et le Moyen-Orient, et 30 % sur le marché local », précise-t-il. Avec quelques millions de consommateurs d'ici à 2010, le pays ne manque pas d'arguments pour les industriels de tous horizons. Même argument pour Air Liquide, qui a fait son grand retour en 2002. Le groupe spécialiste des gaz exporte depuis l'Égypte vers la Libye, le Liban, la Jordanie, la Syrie ou encore le Soudan.

D'ailleurs, les investisseurs de l'Hexagone ne s'y trompent pas. Aujourd'hui 95 entreprises françaises ont fait le choix de l'Égypte et embauchent quelque 40 000 personnes. Mais, tandis qu'ils étaient traditionnellement très présents dans les services, ils se tournent désormais vers d'autres secteurs. « On voit de plus en plus d'investisseurs français intéressés par les activités de la construction ou encore de l'agroalimentaire », souligne Laurent Padoux, chef de la Mission économique française au Caire. Des entreprises qui parient sur la consommation privée potentielle du pays. Pour satisfaire sa nombreuse population, l'Égypte a en effet besoin de services, de biens de consommations, ou encore de logements. Dernier exemple retentissant, le rachat de l'égyptien Orascom Cement par le français Lafarge pour la coquette somme de € 8,8 milliards.

Autre argument de taille pour les investisseurs étrangers : le fantastique réservoir de main d'œuvre qualifiée que constitue l'Égypte. 500 000 jeunes diplômés sortent des universités égyptiennes chaque année avec, dans leur bagage, compétences et maîtrise des langues étrangères. Pour la plupart, ils sont anglophones et francophones au moins. Mais, face à l'arrivée de nombreuses entreprises étrangères, et aux débouchés qui s'ouvrent dans les pays voisins, la difficulté de conserver les salariés qualifiés se fait sentir. Pour y parvenir, les entreprises doivent d'ailleurs mettre la main à la poche. Tout en restant très compétitifs par rapport à l'Europe, les salaires ont ainsi grimpé de 40 % en quatre ans.

Main d'œuvre compétitive et potentiel de marché sont les deux atouts mis en avant par l'Égypte pour attirer les investisseurs. Mais le Caire aimerait aussi voir s'implanter des PME, comme le soulignait le ministre du Commerce et de l'industrie Rachid Mohamed Rachid dans un entretien publié dans le quotidien français  les Echos du 11 décembre 2007. Il déplorait alors la faiblesse des PME françaises par rapport à leurs concurrentes italiennes. « C'est un des éléments qui changent » affirme Laurent Padoux, « on voit arriver davantage de projets avec une intensité capitalistique plus faible ».


Dans le même dossier : "Les Égyptiens face au régime de Moubarak"

Du même auteur :