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Présidentielle nigériane : Goodluck Jonathan toujours incertain face à deux candidats du Nord

 
Abuja accueillera un nouveau président en janvier 2011. Les primaires sont déjà très disputées.
Le sudiste Goodluck Jonathan devra convaincre de nouveaux soutiens s'il veut défendre son bilan face aux deux candidats du Nord. Photo : Moises.on.

Pour l'instant, seuls deux candidats, originaires du Nord, se sont officiellement déclarés dans les primaires du parti au pouvoir, le PDP, en vue de l'élection présidentielle de janvier 2011. Mais les soutiens au sudiste Goodluck Jonathan affluent. La fin de la règle non-écrite d'alternance Nord-Sud à la tête du PDP serait-elle proche?

Les primaires du Parti démocratique du peuple (PDP), parti au pouvoir, auront lieu en octobre, afin de désigner un candidat à l'élection présidentielle avancée à janvier 2011.

En théorie, et selon la règle coutumière interne au parti, ce candidat devrait être originaire du Nord, pour prendre la succession de Umaru Yar'Adua, qui n'avait pas fini son premier mandat lors de son décès en mai dernier. Ainsi, deux candidats originaires du Nord majoritairement musulman, et non des moindres, se sont officiellement présentés.

Le premier, Atiku Abubakar, ancien vice-président (sous Olusegun Obasanjo, de 1999 à 2007), s'est déclaré candidat le 15 août. Rappelons que celui-ci avait quitté le parti suite à un désaccord avec M. Obasanjo. Il souhaiterait maintenant obtenir un droit de retour en tant que candidat du parti.

Le lendemain, l'ancien chef de la junte militaire Ibrahim Babangida a également annoncé sa candidature, dix-sept ans après son départ du pouvoir.

Selon Tunde Fatunde, professeur à l'université de Lagos et longtemps correspondant de MTM, interviewé sur RFI, « cette loi coutumière n'a jamais été définie stricto sensu. {…} A chaque veille d'élection, on (la) redéfinit. Il va falloir qu'on réinterprète cette loi. C'est un jeu politique, pas scientifique ».

Quant à la candidature de MM. Babangida et Abubakar : « Ces candidatures sont problématiques. Abubakar n'est pas un membre du parti, et pour cause : il a quitté le parti pour former un parti d'opposition et puis il revient. {…} Babangida n'a pour l'instant pas expliqué comment il a dépensé 12 milliards de dollars de recettes pétrolières pendant la guerre du Golfe. Deuxièmement, les gens n'oublient pas comment il a annulé l'élection présidentielle du 12 juin 1993 remportée par un sudiste (NDLR, l'homme d'affaires Moshood Abiola) qui est mort dans des circonstances troubles ».

Goodluck Jonathan pas encore candidat

Ce sont tout de même deux poids lourds que devra affronter le sudiste Goodluck Jonathan s'il annonce - finalement - sa candidature. En effet, celui que tout le monde attend, le président actuel, n'a toujours pas dit s'il serait ou non candidat, bien que de nombreux observateurs affirment qu'il le fera. La règle voudrait que G.Jonathan, issu du Delta, la région pétrolière au Sud du pays, ne se présente pas. Or, nombreuses ont été les manifestations de soutien émanant aussi bien de personnalités politiques du Sud que du Nord, selon le site Africa Review.

De plus, le PDP a déclaré cette semaine que quiconque était libre de se présenter aux primaires, laissant la possibilité au sudiste de se présenter, sans pour autant le soutenir. Cette précision du parti semble avoir pour but de maintenir l'unité du parti, sans pour autant supprimer la règle de rotation.

Cependant, selon le quotidien kenyan Daily Nation, la candidature de ces deux hommes du Nord pourrait pousser le président actuel à ne pas se présenter, de crainte de pressions trop importantes. Le doute quant à sa candidature sera levé à la fin du mois d'août, a-t-il affirmé.

L'issue de ces élections reste donc très incertaine, tant en ce qui concerne les résultats eux-mêmes que les conséquences qu'elles pourraient déclencher dans un contexte de relations inter-ethnies et inter-religions encore tendu.


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