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Le second tour de l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire doit se tenir le 28 novembre. Outre la désignation de l’homme qui sera en charge du pays, il s’agit de mettre fin à dix ans de crise politique.
Tout le monde retient son souffle. Le second tour de l’élection présidentielle ivoirienne arrive à grands pas. Le 28 novembre, 5,7 millions d’Ivoiriens seront appelés à élire leur président. Cela fait cinq ans que cet évènement est attendu. Depuis 2005, il a été reporté six fois. Pour la Côte d’Ivoire, il s’agit de tourner la page de dix ans de crise militaro-politique. Depuis 2002, et le coup d’État avorté mené par la rébellion, le pays est coupé en deux. Cette élection est une étape nécessaire et indispensable pour que la Côte d’Ivoire puisse se tourner vers l’avenir et retrouver son unité. La participation massive au premier tour, 80 % des électeurs se sont déplacés, montre à quel point les Ivoiriens sont désireux de tourner la page.
Sur le plan politique, il s’agit de départager deux candidats que tout oppose. Et bien peu, en dehors des partisans de chaque camp, se risqueraient à émettre un pronostic tant la partie semble indécise entre le président sortant, Laurent Gbagbo, l’opposant de toujours à Félix Houphouët-Boigny, catholique, socialiste et Alassane Ouattara, ancien Premier ministre et dauphin du père de la nation, musulman, représentant du Nord et libéral.
Tout dépendra du report des voix d’un troisième homme : Henri Konan Bédié, arrivé en troisième position au premier tour, avec 25 % des votes. Pour rappel, Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara ont obtenu respectivement 38 % et 32 % des voix. En additionnant les suffrages des trois premiers candidats à l’issu du premier tour, on arrive à 95 % des suffrages exprimés.
En 2005, un peu dans le scepticisme général, un accord a été conclu entre H.K Bédié et A. Outtara, au sein du Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), qui englobe 4 partis. L’alliance scellée a tenu. H.K Bédié a appelé à voter A. Ouattara. En revanche, entre les deux hommes des différends se sont accumulés. Originaire du nord du pays et ayant effectué une partie de sa carrière de haut fonctionnaire avec un passeport burkinabé, A. Ouattara a été la victime la plus emblématique de l’ivoirité. Un concept qui avait émergé sous la présidence de H.K Bédié et qui prétend distinguer les «vrais» Ivoiriens des «faux». Beaucoup on vu là un moyen d’écarter A. Ouattara. Mais surtout, l'«ivoirité» sera aussi le ferment de la crise qui a secoué le pays pendant dix ans, avec un premier coup d’État mené par le général Robert Guéï qui a chassé H. K. Bédié du pouvoir en décembre 1999, puis l’occupation du nord du territoire par les rebelles en 2002 et qui a abouti à la séparation du pays en deux. Alors, déjà, le simple fait qu’Alassane Ouattara soit présent au second tour de ces élections, est un signe encourageant pour un retour de la paix en Côte d’Ivoire.