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POLITIQUE | |
| Démocratie/Gouvernance |
Premier pays arabe et africain signataire de la convention de l'OCDE en 2007, et une croissance qui bat des records, voilà des performances qui seront indispensables à l'Égypte pour redorer un blason qui s'est terni ces dernières années : assombri, le rayonnement culturel de l'Égypte ; envolé, le poids politique du Caire en Afrique. Ancien grand médiateur des conflits africains, le Caire s'est ainsi fait écarter des négociations sur le Soudan au profit de son voisin libyen.
Sur le plan économique, les premiers frémissements restent à concrétiser. L'Égypte a beau être consacrée bonne élève par la Banque mondiale et affûter les appétits des investisseurs étrangers avec ses 76 millions d'habitants, elle continue à être considérée avec scepticisme.
Au plan démocratique, les avancées restent timides. Après trente années de pouvoir pour Hosni Moubarak, c'est probablement son fils, Gamal Moubarak, qui prendra la relève. Même Washington a fini par hausser le ton suite au référendum très controversé sur la réforme constitutionnelle soumis au vote le 26 mars dernier.
Pas d'inquiétudes toutefois, les États-Unis n'en ont pas pour autant remis en question l'aide de $ 2 milliards annuelle qu'elle donne à l'Égypte, précieux allié aux portes de Gaza.
Au niveau social enfin, les tensions sont grandissantes : entre classes et entre genres. Les femmes égyptiennes se plaignent d'un harcèlement permanent, parfois orchestré par l'État à des fins politiques, et dont le port du niqab ne les protège même plus. Certaines d'entre elles abandonnent leur travail et désertent les urnes pour éviter les mots, regards, ou mains, de leurs concitoyens masculins.
Pour retrouver son aura, l'Égypte va devoir mettre les bouchées doubles. Relancer la machine économique était sûrement la manche la plus facile. Les « nouveaux réformateurs », regroupés autour de Gamal Moubarak, auront bien des défis à relever. Ceux de la cohérence sociale, de la justice, et de l'équité économique.
Et il faut faire vite. La frustration grandit dans les faubourgs du Caire. Même s'ils n'affichent aucune ambition de prendre le pouvoir, les Frères musulmans voient leur influence grandir à chaque élection, menaçant la stabilité d'un pays fondamental dans l'équilibre régional.