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Prometteuse et risquée, la RD Congo attire l’assurance-crédit

 
Le ministre des Finances Matata Ponyo veut briser l'image d'insécurité juridique qui colle à la RD Congo.
M. Ponyo et S. Kinloch lors de la réunion de l'ACA. Photo : T. Hubert

En faisant le choix de Kinshasa pour tenir son assemblée générale les 18 et 19 mai, l’Agence pour l’assurance du commerce en Afrique (ACA) jette un coup de projecteur sur une RD Congo qui attire autant les investisseurs par ses immenses potentialités qu’elle les effraye par le risque d’une guerre ou d’un imbroglio administratif.

« Il y a une forte demande pour nos produits en RDC », affirme Stewart Kinloch, directeur général de l’ACA. L’agence, qui assure les investisseurs contre le risque politique (guerre, expropriation, non-convertibilité de la monnaie…) et couvre les impayés des exportateurs africains, prévoit d’ouvrir une représentation à Kinshasa cette année. « Il y a un regain de confiance des investisseurs, notamment ceux qui avaient suspendu des projets pendant la crise », ajoute-t-il. Après la fenêtre de 2010, il prévoit toutefois une rechute des investissements en RDC en 2011, année électorale – donc risquée.

Les primes dans le secteur minier en hausse après l’affaire KMT

« Les images de République démocratique du Congo sont toujours des images de guerre », se désole le ministre des Finances Matata Ponyo. « Pourtant, le pays est très ouvert », ajoute-t-il, en détaillant les mesures prises pour l’amélioration du climat des affaires. Mais pour de nombreux investisseurs, son gouvernement représente avant tout un risque : en révoquant le contrat de Kingamyambo Musonoi Tailings (KMT), une filiale minière du canadien First Quantum qui a porté l’affaire en arbitrage, le pays s’est forgé une image d’insécurité juridique. L’ACA, qui doit se tourner vers d’autres assureurs pour garantir tout projet supérieur à $ 7,5 millions, en a senti les effets : « Réassurer un projet minier coûte plus cher qu’avant l’affaire KMT. Le coût a augmenté de 40 % en 18 mois », rapporte S. Kinloch. Parmi ses principaux clients figure Investment Development Corporation, un fond souverain sud-africain actionnaire de KMT à hauteur de 10 %.

La contagion à d’autres pays et secteurs, notamment celui des infrastructures, ont mécaniquement augmenté le chiffre d’affaires de l’ACA. Mais S. Kinloch compte surtout sur les nouveaux clients : « Les institutions financières ont pris un coup de massue pendant la crise. Elles recherchent des moyens supplémentaires de réduire le risque », constate-t-il. L’agence en profite : elle a engrangé $ 3,6 millions de primes brutes en 2009, soit une hausse annuelle de 88 %. Elle attend une croissance équivalente sur le seul premier semestre 2010, notamment en Afrique de l’Ouest : le Bénin et le Gabon viennent de rejoindre les neuf autres États africains qui détiennent la majorité de son capital.


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