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Sénégal Airlines, dont le projet a été lancé officiellement en novembre 2009, ne décollera pas avant août 2010. Elle devra avoir les reins solides face à une concurrence accrue par l’entrée de la nouvelle compagnie Asky sur le marché.
Le ministre sénégalais des Transports, Karim Wade (fils du président éponyme), ne voulait pas laisser la place vide. Après la faillite d’Air Sénégal International, le 7 novembre, il a annoncé le lancement de Sénégal Airlines (SA), gérée par le Groupe Air Sénégal (GAS).
Un capital d’un montant de FCFA 17 milliards a été mobilisé ($ 36 millions), dépassant le montant initial, fixé à FCFA 15 milliards. Il est réparti entre le secteur privé national (64 %), l’État du Sénégal (31 %) à travers ses droits de trafic et par le biais de la participation de certains de ses démembrements (Aéroports du Sénégal, Caisse des Dépôts et de Consignation et Port Autonome de Dakar) et les parts attribuées gratuitement au personnel (5 %), selon le communiqué du ministère.
Mais pour l’envol de la nouvelle compagnie, il faudra encore attendre fin août, comme l’a précisé le premier conseil d’administration, qui s’est tenu le 29 janvier à Dakar. Ce premier conseil a permis de nommer le président du conseil d’administration, Ibrahima Cheikh Diong, directeur général de la Coopération internationale qui assurait jusque-là la vice-présidence du Comité de pilotage du projet.
Il a également désigné Modou Khaya, directeur général de l’Aéroport international Blaise Diagne de Diass, comme directeur général par intérim de Sénégal Airlines. La compagnie Emirates assurera le partenariat technique et stratégique et devrait mettre à disposition deux Airbus A330.
Fram dans le capital
Petite surprise, le tour opérateur français Fram, via sa filiale au Sénégal Découvertes Touristiques, est rentré au capital de la nouvelle compagnie à l’occasion de l’assemblée. Sa participation - FCFA 100 millions (€ 150 000) - reste modeste au regard des FCFA 17 milliards mobilisés, mais vise surtout à montrer son soutien au projet Sénégal.
« Cela permet d’élargir l’offre et de proposer une alternative à Air France, actuellement la seule compagnie à voler en direct entre la France et le Sénégal », commente Fram. À terme, l’ouverture du capital de Sénégal Airlines devrait se faire à travers une offre publique de vente, selon le ministère de tutelle.
La concurrence ne se fait pas attendre
Avant son envol, prévu pour fin août 2010, Air Sénégal a déjà une concurrente sous-régionale, Asky, qui vient de s’installer sur le marché, dans les locaux mêmes de la défunte Air Sénégal International. Un coup dur, mais Asky est un projet qui arrive à sa concrétisation après une longue maturation.
Lancée début 2008, cette compagnie à caractère privé et international, dont le siège est basé à Lomé, s’est dotée d’un capital de $ 120 millions de dollars, dont 80% sont répartis entre des investisseurs privés et 20 % entre des institutions financières publiques. Elle aussi s’est tournée vers un partenariat technique Sud-Sud, avec Ethiopian Airlines. La bataille du ciel s’annonce rude.