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L’Union Africaine a mandaté 5 présidents africains pour tenter de résoudre la crise ivoirienne. Ils ont un mois pour soumettre des propositions qui devraient s’imposer à toutes les parties.
Nouveau round de négociations. Deux mois après le second tour de l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire et toujours deux présidents qui revendiquent chacun la victoire, l’Union africaine (UA) réunie en sommet à Addis-Abeba a choisi d’ouvrir de nouvelles négociations. Pour cela, elle a désigné, le 31 janvier, 5 chefs d’État africains qui représentent les différentes régions du continent afin de relancer les négociations et tenter de résoudre la crise ivoirienne.
Président de ce panel, le chef d’État mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz, sera entouré d’Idriss Deby (Tchad), Jacob Zuma (Afrique du Sud), Blaise Compaoré (Burkina Faso) et Jakaya Kikwete (Tanzanie). Annoncé au départ comme devant en faire partie, le président zimbabwéen Robert Mugabé n’a finalement pas été retenu. Lanterne rouge du dialogue dans son propre pays, beaucoup s’étaient émus de sa possible désignation au sein de ce panel.
L’UA a donné un mois à la mission de dialogue pour convenir de décisions qui s’imposeront à toutes les parties ivoiriennes. Il s’agit pour le président de la commission de l’UA, Jean Ping, de permettre à « Alassane Ouattara d’exercer la réalité du pouvoir par la négociation ». Dans la même optique, le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a appelé « le président A. Ouattara à former un gouvernement d’union nationale », un gouvernement dans lequel L. Gbabgo ne siègerait pas, mais ouvert à ses alliés. Difficile d’y croire du côté d’Abidjan : la solution avait déjà été évoquée par Alassane Ouattara et écarté par Laurent Gbagbo.
L’union se fissure
La belle union autour d’Alassane Ouattara, reconnu comme le président élu par l’Onuci et par une grande partie de la communauté internationale se fissure quelque peu. Au sein de l’UA, certains chefs d’État, ne posent plus la reconnaissance de la victoire d’A. Ouattara comme un préalable au dialogue, mais le dialogue avant tout. Ainsi après une visite surprise en Côte d’Ivoire le 25 janvier, le président sortant de l’UA, le Malawite Bingu wa Mutharika a déclaré qu’il présenterait les « propositions » de son « frère et ami » Laurent Gbagbo lors du sommet, rapporte le site Afrik.com. Et point de soulagement pour le camp d’A. Ouattara avec l’arrivée à la tête de l’UA de Teodoro Obiang Nguema, président de Guinée Équatoriale. Peu reconnu pour sa défense de la démocratie et des droits de l’homme, ce dernier à confié qu’il « n’était pour personne » dans la crise ivoirienne. Pour l'heure, l'hypothèse d'un recours à la force défendue par le Nigeria est écartée, d'autant que les pays voisins, comptant de nombreux ressortissants en Côte d'Ivoire, sont rétissants.
De négociations en discussions, c’est le pourrissement de la situation qui gagne.