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Violences xénophobes anti-immigrés en Afrique du Sud

 
Un groupe de Sud-Africains a attaqué des immigrés africains à Kya Sand, au nord de Johannesburg.
Les hélicoptères de la police ont survolé le township de Kya Sand. Photo : Aquila

À peine la Coupe du monde de football terminée, les violences xénophobes à l'encontre d'immigrés africains ont repris. Le township de Kya Sands, au nord de Johannesburg, a été le théâtre de nouveaux heurts dimanche et lundi.

La xénophobie s'est à nouveau exprimé en Afrique du Sud. L'espace de deux jours, les tensions entre nationaux et étrangers africains ont repris. Dimanche 18 et lundi 19 juillet, un groupe de Sud-Africains a pourchassé des immigrés africains et pillé plusieurs petits magasins dans le township de Kya Sands à Johannesburg. Cinq personnes ont été blessées. Parmi elles, cinq Zimbabweéens et Mozambicains, et un Sud-Africain que ses agresseurs ont refusé de reconnaître comme un local, rapportent les médias locaux. Ainsi, deux hommes ont eu des entailles au visage tandis qu’une femme a déclaré avoir été frappée à la poitrine, rapporte le site d’information sud-africain Eye Witness News. Des commerçants déplorent avoir perdu des milliers de rands dans leurs stocks, leurs locaux et en matériel hi-fi.

Ces tensions sont déjà anciennes, certains Sud-Africains accusant les étrangers de leur prendre leur travail et leur maison. Une série d’attaques visant les travailleurs immigrés avait déjà fait 62 morts en 2008.

Eye Witness News rapporte qu’il a fallu plusieurs heures à la police pour ramener l’ordre dans le township. Elle a dû faire usage de balles en caoutchouc et d’un hélicoptère pour ramener la situation sous contrôle. Lundi, elle patrouillait dans les environs de Kya Sands. Elle affirme que la journée a été calme et qu’il n’y a pas de nouvelles violences qui se profilent à l’horizon. Mais autre son de cloche chez les étrangers. Confiant ses craintes à Eye Witness News, le propriétaire d'un shebeen, affirmait que selon lui le pire est encore à venir. De plus des blessures et des morts n’auraient pas été relevés malgré la présence de la police sur les lieux.


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Mardi 20 juillet 2010, des représentants de la police et le ministre du logement Dlamani Zuma se sont rendus sur place pour évaluer la situation après ces actes xénophobes. Dlamini Zuma a demandé à ses concitoyens de changer leur perception des autres Africains, qui représentent, a-t-il rappelé, 60 % des entrées de devises d'origine touristique à l'Afrique du Sud. Une façon de rappeler l'impact économique de ces violences, alors qu'en 2008, la confiance des investisseurs dans le pays avait été ébranlée. Une nouvelle vague de violences pourrait écorner davantage l’image positive que l’Afrique du Sud, première économie du continent, s’est efforcée de donner d’elle-même durant la Coupe du monde de football.

Les immigrés représentent plus de 10 % de la population sud-africaine, estimée à 49 millions de personnes. Nombre d’entre eux sont des Zimbabwéens qui ont fui la crise économique dans leur pays. 


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