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Zimbabwe : une production vivrière encore insuffisante

 
Hausse de 20 % de la surface plantée en maïs en 2009.
Le déficit est estimé à 428 000 tonnes de céréales pour nourrir la population d'ici mars 2011. Photo : IRIN Photo

La transformation en cours de l'agriculture zimbabwéenne ne réussit pas à garantir la suffisance alimentaire du pays, malgré des progrès encourageants.

Mi-juin, la FAO et le PAM sont missionnés par le gouvernement zimbabwéen pour ausculter la production agricole du pays. L’objectif consiste à estimer la production alimentaire pour la saison 2010/11 (en cours) afin de déterminer les besoins en importations vivrières et en aide alimentaire. Les stocks et la production intérieure du pays (1,66 million de tonnes de céréales) ne suffiront pas à répondre à la totalité des besoins de la population, estimés à 2,09 Mt. L’année a été marquée dans le Sud et dans l’Est du pays par des pluies irrégulières. Couvrir le déficit de 428 000 t suppose donc l’importation de 317 000 t de céréales et une aide alimentaire de 133 000 t. Certes l’inflation a reculé, mais les prix des denrées alimentaires restent élevés pour les familles aux bas revenus. D'ici mars 2011, 1,68 million de zimbabwéens (dont 1,29 dans les campagnes) auront besoin d'un soutien agricole et alimentaire. Morgan Tsangirai, Premier ministre, souligne le choix du gouvernement de "donner la priorité à la nutrition au niveau national et sub-national".

Or l'agriculture constitue un des principaux leviers d'action. Le gouvernement zimbabwéen a entrepris une réforme du marché des céréales en 2008. L’ancien grenier à céréales du Sud de l’Afrique a connu une chute de 50 % de sa production agricole entre 2000 et 2007. La réforme initiée a supprimé les taxes à l’importation, créé un prix plancher pour le maïs ainsi qu'un acheteur para-public de dernier recours pour les surplus. « La libéralisation du marché des céréales est le changement le plus important pour l'amélioration du secteur agricole depuis une décennie », a déclaré l'économiste de la FAO, Kisan Gunjal, co-dirigeant de la mission d'évaluation au Zimbabwe.

S'ajoute à cette réforme le programme d'intrants 2009/10 destiné à doper la production vivrière des petits exploitants, à l'appel de la FAO, du PAM, de l'AGRA et l'IFA. Financée par l'aide internationale, cette initiative a permis la distribution à 738 000 ménages de 51 500 tonnes d'engrais et 6 500 tonnes de semences de maïs. L'appui de la FAO a en outre porté sur l'amélioration des pratiques agricoles (fertilité des sols, meilleure rotation des cultures, etc.).

Or cette année enregistre une hausse de 20 % des superficies plantées en maïs, aliment de base de l’alimentation zimbabwéenne (leur plus haut niveau depuis 30 ans). La production a par conséquent progressé de 7 % en 2010 (soit 1,35 tonnes). Des progrès encourageants même s’il reste à accroître significativement les rendements.


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