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À quelques jours du début de l’événement sportif et médiatique le plus attendu de l’année, et alors que l’Afrique du Sud est fin prête à accueillir les 32 délégations et leurs cortèges de supporteurs, les prévisions concernant les retombées économiques pour le pays organisateur perdent peu à peu de leur superbe. Alors que certains opérateurs économiques se frottent les mains, d’autres comme les professionnels du tourisme font d’ores et déjà grise mine.
Officiellement, ce sont donc plus de € 3 milliards que l’Afrique du Sud aura investi au niveau gouvernemental, et certainement autour de 5 fois plus, soit € 15 milliards, si l’on inclut les dépenses engagées par les villes ainsi que les investissements du secteur privé. Une somme abyssale pour un pays dont l’économie est la plus vigoureuse du continent, mais qui reste tout de même en net retrait par rapport à celles des pays développés. € 15 milliards qui sont allés dans la construction des stades, des routes, des aéroports et des infrastructures touristiques. Pour quelles retombées économiques ?
Trop loin, trop cher, trop dangereux
Les prévisions les plus optimistes annonçaient au départ, il y a 3 ans, la venue de 750 000 touristes pour participer à la grande fête du football. Puis, plus raisonnablement, la tendance s’est infléchie pour tabler sur plus de 450 000. Le numéro d’avril du magazine britannique The Economist estimait lui, en se basant sur une étude réalisée par le cabinet d’audit Grant Thornton, que 373 000 étrangers feraient le déplacement.
Le 18 mai, le ministre sud-africain du tourisme, Marthinus Schalkwyk, déclarait en visite officielle devant les députés capverdiens : « Nous aurons probablement environ 300 000 arrivées internationales pour la Coupe du monde. » Selon les dernières estimations, ils ne seraient que plus que 200 000 à faire le déplacement… Mauvaises estimations au départ, mauvaise gestion de la billetterie, coût global du déplacement et du séjour dépassant le pouvoir d’achat des potentiels visiteurs, image inquiétante d’un pays réputé violent, quelles sont les raisons de la frilosité des supporteurs à faire le voyage ? Sans doute un mélange de tout cela.
Chambres vides
Les professionnels du tourisme réunis au salon Indaba en mai dernier sont amers : les restitutions de chambres se multiplient à l’approche du coup d’envoi de la compétition. Le groupe Sun International, qui gère une quinzaine d’hôtels en Afrique du Sud, avoue par la voix de son directeur commercial pour la France, Patrick Génie, qu’au Cap « il reste encore des chambres non louées pour les jours de match alors qu’il est possible d’aller au stade à pied ».
Même constat du côté du tour opérateur Fram qui a déjà annulé des circuits à ces dates. Concrètement, les Européens seront quasiment absents : les Britanniques ont acheté presque 100 000 tickets pour les matchs, les Allemands 40 000 et les Français à peine 4 000. Un chiffre que les opérateurs jugent ridicule lorsque l’on sait que pour connaître le nombre de touristes il convient de le diviser par trois ou quatre.
Si l’absence de supporteurs étrangers se confirme, l’industrie touristique devrait vivre des jours difficiles. Au final, comme l’affirme le secrétaire général de la Fifa, Jérôme Valcke, « les stades devraient être pleins à 95 % ».
Mais si beaucoup de tickets ont fini par se vendre, ce sont avant tout à des Sud-Africains qui bénéficiaient, notamment dans la dernière phase de vente qui n’était initialement pas prévue, de tarifs extrêmement préférentiels, soit aux alentours de € 15. Bien loin des tarifs « internationaux » qui oscillent entre € 150 et € 450. Et ce ne sont pas ces supporteurs qui rempliront les hôtels, les restaurants ou les boutiques de souvenirs.