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Bruno, une victime des filières de jeunes footballeurs africains parmi tant d’autres a accepté de témoigner via son éducateur sportif. L’histoire de ce jeune Gabonais est emblématique des dysfonctionnements du football professionnel actuel, qui permet l’existence de maquignons prêts à exploiter la crédulité de ceux qui rêvent d’un avenir meilleur.
À Libreville, Bruno vit seul avec sa mère institutrice. Il ne joue pas dans un club mais s’entraîne parfois dans l’une des nombreuses écoles de football de la capitale gabonaise. Il joue bien. Très bien d’ailleurs, de l’aveu de l’éducateur qui nous a permis de le rencontrer.
Alors, quand on lui propose de lui faire passer des tests dans les meilleurs clubs professionnels français, lui et sa mère n’hésitent pas longtemps. Contre € 3 000, une fortune pour sa mère qui s’endette pour obtenir la somme, il embarque pour Paris. Ils sont plusieurs, de 14 à 17 ans, à être du voyage.
À l’hôtel où ils sont logés, en banlieue parisienne, ils attendent en vain le retour de leur accompagnateur qui a totalement disparu. Par bonheur, la mère de Bruno connaît une femme à Paris qui peut l’héberger et devenir sa tutrice. Par un heureux hasard, un collègue de cette dame entraîne dans un club amateur de la banlieue parisienne, sous l’œil permanent des clubs professionnels intéressés par la qualité de ses jeunes. Il propose à Bruno de venir jouer avec eux. Par fax contenant l’accord de sa mère, ce club arrive à obtenir une licence à Bruno dont le visa a pourtant expiré. Par enchaînement, un grand club professionnel offre à Bruno, désormais reconnu au niveau des instances fédérales de football, un contrat de formation et promet de lui obtenir des papiers.
Cette histoire qui semble se continuer de manière plus optimiste qu'elle n'avait commencé grâce à d'heureuses circonstances et surtout à la bienveillance de plusieurs personnes, ne doit pas faire oublier la violence dont ce garçon et sa mère ont été victimes. Une violence perceptible, que certains prendraient pour de la timidité.