Selon la Fage, un étudiant paie en moyenne 491 € par mois pour se loger et 712 € à Paris. Cela représente la moitié de son budget, alors que le Crous ne dispose que de 6 lits pour 100 étudiants. La crise du logement étudiant n’a pourtant pas la même intensité partout. Dans les villes moyennes notées A par le Logiscore, comme Limoges, Saint-Étienne, Le Havre ou Nancy, un studio se loue 400 € et il y a moins d’un candidat par annonce, quand Lyon en compte près de 5.
Crise du logement étudiant en 2026 : l’ampleur en chiffres
L’enquête de la Fage a été menée auprès de plus de 5 600 étudiants et publiée le 24 février 2026. Elle établit qu’un étudiant sur trois est mal logé : 41,5 % ont des problèmes thermiques, plus de 18 % vivent avec des moisissures et 16,5 % ont subi un dégât des eaux. Un étudiant sur deux travaille pour payer son loyer. Un sur cinq met plus de 40 minutes pour aller en cours. Enfin, 15 % mettent 3 à 6 mois à trouver un logement, une proportion qui monte à 23 % à Paris.
Le parc public ne compense pas cette situation. À la rentrée 2026, le Crous gère 177 450 places dans 920 résidences, et les demandes ont progressé de 5 % en un an. Il a livré 2 451 places en 2025, soit moins d’une place pour 1 000 étudiants. Les autres se tournent vers le parc privé, qui coûte 200 € de plus par mois. Selon Guy Hoquet, 17 % des étudiants ont déjà renoncé à la ville de leur choix faute de logement.
Pourquoi la pénurie se concentre dans les métropoles et sur le littoral
Le rapport du Sénat de 2021 a identifié la cause principale : avec de faibles ressources, une forte mobilité et des stages qui écourtent l’année, l’étudiant est le profil de locataire que les bailleurs retiennent en dernier. Dans une ville tendue, il est en concurrence directe avec les jeunes actifs sur le parc diffus, c’est-à-dire les studios loués par des particuliers.
Deux phénomènes aggravent la situation dans les grandes villes. Le premier est le meublé de tourisme, qui retire des studios du marché à l’année à Paris, Nice, Annecy ou La Rochelle. Le second est l’encadrement des loyers, mal respecté : 37 % des annonces dépassent les plafonds en 2026, et 46 % à Paris. Au premier semestre 2026, Nice compte 43 candidats par annonce et passe devant Paris, où un studio peut recevoir 743 demandes. À Lyon, l’indice de tension locative atteint 4,86 demandeurs par offre.
Villes moyennes : jusqu’à 549 € de loyer en moins chaque mois
Le Logiscore de L’Étudiant classe de A à D les 47 villes qui accueillent plus de 8 000 étudiants. Douze villes obtiennent la note A : Arras, Besançon, Grenoble, Le Havre, Le Mans, Limoges, Nancy, Orléans, Pau, Reims, Saint-Étienne et Troyes. À l’exception de Grenoble, ce sont toutes des villes moyennes. Bordeaux, Lille, Lyon, Annecy et La Rochelle sont classées D.
Ville
Note Logiscore
Loyer moyen d’un studio
Demandeurs par offre
Limoges
A
400 €
0,4
Saint-Étienne
A
390 €
0,35
Le Havre
A
450 €
0,39
Nancy
A
440 €
0,46
Bordeaux
D
610 €
2,9
Lyon
D
640 €
4,86
Paris
—
949 €
> 5
Sur une année complète, un studio à Limoges coûte 6 588 € de moins qu’à Paris. Sur une licence de trois ans, l’économie dépasse 19 700 €, soit davantage que trois années de bourse à l’échelon 7, le plus élevé. Avec moins d’un candidat par annonce, le dossier sans garant n’est plus systématiquement écarté et la recherche prend quelques semaines au lieu de plusieurs mois.
Toutes les villes moyennes ne sont pas des refuges. Les villes littorales et touristiques, comme Vannes, La Rochelle ou Annecy, subissent la même pression que les métropoles à cause des résidences secondaires. La hausse touche aussi des villes notées A : +9,5 % au Mans et +8 % à Brest en 2024, contre +2,9 % en moyenne. Une ville se choisit donc sur sa tension locative actuelle, pas sur sa taille.
Étudier en ville moyenne : formations et logements sur place
Les villes moyennes proposent des formations complètes : IUT, BTS, écoles d’infirmiers (IFSI), antennes universitaires délocalisées et écoles de commerce. La Roche-sur-Yon, en Vendée, en est un bon exemple. La ville accueille plus de 8 500 étudiants, soit 15 % de sa population, répartis entre l’IUT, l’ICES, l’IFSI-IFPS et plusieurs écoles supérieures. Le Crous n’y propose que 220 places en résidence, et 92 % des étudiants logés le sont par des bailleurs privés.
Dans ce type de ville, l’offre privée a souvent été pensée pour les étudiants. Les studios meublés du centre-ville se louent sous bail meublé, avec la fibre incluse, et la signature comme l’état des lieux se font à distance. C’est le modèle de cette résidence de studios meublés, qui propose des logements de 12 à 30 m² à quelques centaines de mètres de la gare, avec une aide pour constituer le dossier CAF et Visale. Les annonces locales de studios et de chambres affichent entre 265 € et 350 € charges comprises, soit 140 € à 225 € de moins que la moyenne nationale.
Le cadre de vie joue aussi. Dans une ville de taille moyenne, on rejoint son école à pied ou en bus en moins de 15 minutes, alors qu’en France un étudiant sur cinq dépasse 40 minutes de trajet. Ce temps gagné sert aux cours ou à un emploi étudiant.
Se loger en ville moyenne : le calendrier qui évite la galère
Une ville moins tendue ne dispense pas d’anticiper. Ce sont les dates qui font la différence, pas le budget.
Le bail meublé étudiant peut durer 9 mois, selon l’article 25-7 de la loi du 6 juillet 1989. Il évite de payer l’été. Le dépôt de garantie d’un meublé ne peut pas dépasser deux mois de loyer hors charges.
Notre conseil : avant de choisir une formation, regardez le Logiscore de la ville et le nombre de candidats par annonce. Une licence ou un BTS existe souvent dans une ville notée A à moins d’une heure de train de la métropole visée. Le diplôme est le même, et l’économie atteint 300 € à 500 € par mois.
